ACTE III — SCÈNE I
LA REINE, au cardinal.
Que dites- VOUS tout bas ? Quels propos outrageants ?..
LE CARDINAL, saluant profondément la reine.
Je dis que ce sont là de fort honnêtes gens.
LA REINE, montrant Mazarin.
Mais, sire, chaque jour sur vous cet homme empiète ! Mais la France s'émeut ! l'Europe s'inquiète ! Mais le coadjuteur est un homme d'esprit ! Mais voyez ce qu'on dit ! voyez ce qu'on écrit ! Le duc de Beaufort...
LE CARDINAL
Retz et Beaufort ! deux rebelles.
LA REINE, au roi.
Lisez Maynard, Cofher, Guy- Joli...
LE CARDINAL
Des libelles !
LA REINE
Pardieu, monsieur, silence ! et trêve à vos discours ! — On ne peut dire un mot et vous parlez toujours.
LE CARDINAL, s' inclinant jusqu'à terre.
Parlez.
LA REINE, avec violence.
Non, je me tais !
LE CARDINAL
Sire, puis- je répondre ?
LE ROI
Faites.
LE CARDINAL
Nous n'avons pas de traités avec Londre. Gênes ? Trois millions nous ont été rendus. Timis ? En ce moment cent pirates pendus Tremblent au vent de mer sur les côtes de France. Les parlements ? Foyers d'anarchique espérance î Je conserve leurs droits ; leurs arrêts sont caducs. Quant aux prétentions des princes et des ducs, J'y consens, parlons-en. Nous en verrons de belles. Monsieur de Nevers veut en propre les gabeUes Du Rethelais. Beaufort désire en liberté Lever des régiments chez votre majesté.
Même il promène un corps d'infanterie à Nantes Qui marche flamme au vent et trompettes sonnantes. Elbeuf pour son bâtard a rêvé seulement Une duché-pairie et siège au parlement.
Le comte de Soissons, que votre pouvoir blesse. Veut le droit de donner des lettres de noblesse. Rohan a sur Thouars mis votre pavillon. Mais au-dessous du sien. Pour monsieur de Bouillon,