‹ TorquemadaChapitre 34 sur 176 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LE MOINE dans le caveau, DON SANCHE,

doSa rose.

Don Sanche et dona Rose sortent du taillis. Ils s'arrêtent sur la lisière du bois. Ils se regardent et regardent la solitude autour d'eux. Moment de silence. Il fait presque nuit.

DON SANCHE

Nos âmes, Parce que tout enfants, vois-tu, nous nous aimâmes. Se mêlent, et ma main te cherche, et je ne puis Dire si je t'entraîne ou bien si je te suis. Un mystère est sur nous. Rose. Parfois j'y rêve. Ici, dans ce couvent, ensemble on nous élève. Qui sommes-nous, sais-tu ? Pom-quoi nous enfermer ? Mais cela m'est égal, on me laisse t 'aimer. Je suis le chevaUer et vous êtes la dame. Je ne sais pas pourquoi je parle de mon âme ; Mon âme, c'est ton souffle, haleine et feu des cieux ; Elle sort de ta bouche et briUe dans tes yeux. Je n'ai plus d'âme quand tu n'est plus là. — Ton voile Me gêne. Un baiser.

Non.

Elle le lui laisse prendre, puis elle s'appuie sur son bras et lui montre le ciel.

Vois là-bas cette étoile.

Tous deux dans l'extase contemplent la nuit. LA VOIX, dans le tombeau.

Dieu ! grâce pour la terre !

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