‹ TorquemadaChapitre 56 sur 176 · DEUXIÈME PARTIE — ACTE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — ACTE I

Vous, vous êtes chez vous tranquille, assis à table,

Riant, jasant, cueillant des fleurs dans le jardin.

Embrassant vos enfants, et vous voyez soudain

Cette tête de mort venir à vous dans l'ombre.

Oh ! que de gens brûlés ! on n'en sait plus le nombre.

Quiconque voit marcher cet étendard vers lui

Est perdu.

La procession et la bannière disparaissent par la grande porte de la cour opposée à celle où elles sont entrées.

LE MARQUIS, bas au roi.

Le roi donne au clergé trop d'appui.

Quoi ! Torquemada fait un conciliabule A Rome, parle au pape, et rapporte une bulle, Cela suffit, le roi s'éclipse ! et son pouvoir Éblouissant, joyeux et doré, devient noir ! Ce moine usurpe. Il a mis, en quelques années. Son front vil au niveau des têtes couronnées.

Le roi distrait ne semble pas prêter d'attention aux paroles du marquis.

Bas à Gucho.

Le roi n'écoute pas.

GUCHO, bas au marquis.

C'est qu'il a dans l'esprit Autre chose.

Le roi relève la tête, refoule d'un regard tous les assistants qui reculent au fond de la galerie, et fait signe au marquis de venir à lui. Il l'amène sur le devant du théâtre, de façon à ce que personne ne puisse entendre ce qu'il va lui dire. Gucho les observe.

io8 TORQUEMADA

LE ROI, au marquis.

Toujours j'ai suivi, bien m'en prit.

Tes avis qu'entre tous j'écoute et je préfère. Je veux te consulter, marquis, sur une affaire Qu'il faudrait qu'ici même, en hâte, on dépêchât.

Le roi aperçoit Gucho, qui est resté derrière l'estrade du trône de fer. Il le chasse du geste. Gucho s'éloigne.

GUCHO, à part, regardant le roi et le marquis.

Que va-t-il se passer ? jeune tigre et vieux chat.

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