SCENE V
Les Mêmes, DON SANCHE, DORA ROSE, L'ÉVÊQUE D'URGEL.
L'ÉVÊQUE
Ferdinand de Castille, Roi, cet homme, don Sanche, épo;.se cette fille, Dona Rose, et tous deux descendent des rois goths. Elle dame d'Orthez, lui comte de Burgos ; Je vais les marier, s'il vous plaît, ô mon maître. Et Sanche, à vos genoux amené par le prêtre. Vous présentant sa femme et vous offrant sa foi. Vient, car il est le comte et vous êtes le roi.
Don Sanche et dona Rose descendent le perron et mettent le genou en terre devant le roi. Le duc d'.-\lava fait un pas. Le marquis de Fuentel observe haletant.
Je dépose à vos pieds, sire, mes seigneuries.
LE ROI, regardant fixement l'évêque.
Quelle est cette démence, évêque ! tu maries, Prêtre, une nonne avec un moine ?
L'ÉVÊQUE
Seigneur rcî !...
LE ROI
Ignores-tu qu'ils ont fait des vœux ? Sans effroi Oses-tu consommer ce sacrilège infâme ?
L'ÉVÊQUE
Sire !...
LE ROI
Un froc à cet homme ! un voile à cette femme !
Le chapelain et les prêtres sortent de l'avant-porche. L'un des prêtres tient à la main un voile noir, l'autre une robe de buie. Un prêtre jette le froc sur don Sanche, l'autre jette le voile sur dona Rose. Le \àsage de don Sanche disparaît sous le capuchon, et le visage de dona Rose sous le voile. Les soldats les entourent. On arrache à don Sanche son épée. Le roi fait un geste furieux.
Emmenez-les tous deux. Chacun dans un couvent !
DON SANCHE, se débattant sous le capuchon.
Roi!
LE ROI, aux prêtres.
Vous me répondez de cet homme.
LE MARQUIS, respirant.
Vivant !
Les prêtres et les soldats emmènent dona Rose d'un côté et don Sanche de l'autre.
LE ROI, bas au marquis.
Je saurai la reprendre. On voit parfois, en somme, Une femme sortir d'un cloître.
LE MARQUIS, à part.
Et même un homme !