DEUXIÈME PARTIE — ACTE n
Entre la reine, tout en jais noir, la tiare royale sur la tête.
Elle fait une profonde révérence au roi qui lui fait un
profond salut, sans ôter son chapeau.
La reine va à l'un des fauteuils qui sont à l'extrémité de la
table, et s'y assied, puis y demeure immobile, et comme
ne voyant et n'entendant rien.
Le roi et la reine ont l'un et l'autre le rosaire à la ceinture.
LE ROI, bas au marquis.
En hâte. La vitesse Est la condition du succès. Marquis, va, Fais ce que je t'ai dit.
Entre le duc d'Alava. Il se dirige vers le roi.
Qu'est-ce, duc d'Alava ?
LE DUC D'ALAVA, saluant tour à tour le roi et la reine.
Les députés des juifs bannis de votre empire Demandent la faveur de se prosterner, sire Et madame, aux pieds de vos altesses.
LE ROI
Soit.
Qu'ils entrent.
Le duc sort. Bas au marquis.
Cours, reprends l'infante. Va tout di'oit Au cloître Asuncion.
LE MARQUIS, à part.
Ensuite, à Saint-Antoine.
LE ROI
Va!
Mais...
Quoi?
LE MARQUIS
LE ROI
LE MARQUIS
Si le grand inquisiteur ?...
LE ROI
Ce moine !
Il est le ver de terre et je suis le dragon.
Il fait au marquis un signe de tète impérieux. Le marquis
salue, et sort par la porte de tapisserie. Le roi va s'asseoir sur le fauteuil resté vide, vis-à-vis de la
reine.
Entrée des juifs.