‹ Torsion de l'ÉpiploonChapitre 3 sur 20 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

À). Epiploïte

La lésion fondamentale est l’épiploite.

Etude macroscopique : Cette inflammation chronique aboutit à une augmentation de volume de l’épiploon qui s’épaissit et présente de gros noyaux d’épiploïte qui finissent par constituer, dans l’épaisseur de la membrane plissée et pelotonnée, des sortes de corps étrangers : des tumeurs lourdes et déclives {Lejars).

L’épiploite entraîne secondairement des dispositions anatomiques variables.

Dans les cas de hernie, cette épiploïte a pour résultat la formation de deux tumeurs plus ou moins volumineuses : l’une intra-sacculaire, l’autre abdominale, se continuant par un pédicule mince intra-funiculaire.

Dans le cas d’épiploïte abdominale, une seule tumeur s'offre à l’examen.

Il est intéressant de noter que l’épiploon enflammé a pu contracter avec le voisinage des adhérences qui expliquent en partie certaines formes cliniques. Parmi ces adhérences, les unes sont récentes et secondaires à la torsion: citons, dans

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l’observation de M. Thévenard, les adhérences très molles à la vessie et au Douglas.

Les autres sont anciennes et préexistant à la torsion : nous cCiterons à ce sujet, une disposition anatomique fréquente, résultat de l’adhérence de la partie basse intra-sacculaire de l’épiploon aux parois du sac herniaire : dans ce cas, l’épiploon est comme un voile tendu entre deux points, qui lui servent d’insertions, dont l’une supérieure, colique, est normale, dont l’autre inférieure est pathologique.

Mais ces adhérences peuvent être plus capricieuses dans leur disposition et se jeter au hasard sur les divers organes abdominaux ; dans l’observation de M. Thévenard, l’épiploon était adhérent à l’anneau inguinal interne ; le malade avait été opéré jadis pour un étranglement herniaire aigu et il en était résulté probablement une épiploïte post-opératoire, qui avait provoqué l’adhérence épiploïque.

Dans les observations de Trémolières, de Schænholzer, de Payr, de Noble, de Lejars, les adhérences unissaient l’épiploon au gros intestin, à l’appendice, à un kyste de l’ovaire, à l'intestin grêle (adhérences qu’il fallait décoller avec prudence car les parois intestinales étaient un peu infiltrées et la tunique musculaire interne se serait effritée aisément) à la face postérieure de l’utérus, Laïce.

B). Conséquences de la Torsion

La torsion, amenant une augmentation de volume des masses épiploïques, produit des lésions variables suivant le

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degré de l’enroulement et les modifications de la circulation. Les phénomènes observés sont analogues à ceux produits à la suite de la torsion d’un kyste de l'ovaire.

La torsion est : 1° complète, 2° incomplète.

Dans l'étranglement incomplet, la circulation n'est pas

totalement supprimée : les veines subissent avant les artères,

les. effets de la compression : une stase veineuse s'établit qui entraîne là congestion de la tumeur qui augmente de volume ; alors se produisent les hémorragies intra-épiploïques, grâce à cette gêne circulaire et à la présence de thromboses veineuses. C’est alors que la congestion avec ædème prédomine et Lejars décrit ainsi la tumeur dans une de ses observations : « La tumeur épiploïque, dit-il, était d’un jaune clair maculé de taches noires, grosse comme les deux poings, épaisse, compacte, infiltrée de sang et semée de veines noirâtres, thrombosées, à son centre, elle contenait du sang noir, liquide, épanché dans une sorte de cavité.

2° Dans la torsion complète, il y a arrêt brusque et total de la circulation dans la tumeur qui, n'étant plus nourrie, se gangrène. Le pédicule peut même se rompre et la masse épiploïque sphacélée, devenir libre dans la cavité abdominale : (Wiessinger).

Cependant la gangrène de l’épiploon est assez exceptionnelle parce que les vaisseaux entourés par leur manchon de graisse ne sont que très incomplètement comprimés et continuent à assurer partiellement la vitalité de l'organe. Cependant on trouvait une masse énorme gangrénée représentant toute la partie inférieure de l’épiploon (Demons).

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