‹ Torsion du Grand ÉpiploonChapitre 41 sur 45 · XLVII. — Lapeyre (de Tours · texte numérisé non relu

XLVII. — Lapeyre (de Tours

Homme de 40 ans, qui, après avoir fait des efforts, a élé pris brusquement d’une douleur abdominale en coup de poignard. Son médecin croit à un appendicite, et après vingt-quatre heures de repos au lit et de glace, avec absence de gaz, croit à une occlusion et adresse le malade au docteur Lapeyre.

L'état général est très mauvais. Coliques intenses, vomissements incessants, porracés, pouls à 120, 130, abdomen tendu, douloureux, avec empâlement de tout le côté droit de l’arcade crurale aux fausses côtes.

Il a bien une hernie droite depuis 20 ans, mais il ne porte plus de bandage et il n'y a rien d'apparent à l'anneau inguinal.

M. Lapeyre croit à une péritonite diffuse d'origine appendiculaire, et, à cause de la gravité de l’état général, décide de ne pas intervenir. Le lendemain, l'amélioration survenue semble lui donner raison. Mais la douleur n’est pas au point de Mac Burney, elle est plus haut, el toute la moitié droite du ventre est occupée par une

tuméfaction diffuse. L'amélioration constatée fait remettre au lendemain une intervention, si elle est encore nécessaire. Mais le lendemain nouvelle aggravation. ;

M. Lapeyre intervient par une incision verticale latérale. Il trouve un épiploon épaissi, gros, infiltré de sang, parcouru par d'énormes veines dilatées, baignant dans un liquide hémorragique. Cetle masse épiploïque plonge par sa partie inférieure dans un sac herniaire inguinal droit avec lequel elle a contracté des adhérences multiples.

On les détache, puis, prolongeant plus haut son incision, M. Lapeyre tombe sur un pédicule long de 4 à 5 cm., de la grosseur du petit doigt, tordu 3 fois sur lui-même, de gauche à droite. On lie le pédicule et on enlève la masse épiploïque du poids de 360 gr.

Il existe de la péritonite diffuse caractérisée par la vascularisation et la distension des anses intestinales. Le cœcum et l'appendice sont sains. Drainage. Suture.

Après une période d'amélioration de 36 heures, brusquement la scène change et le malade meurt dans le collapsus, 54 heures après l'opération.

M. Lapeyre pense que c’est le retard qu'il a mis à intervenir qui est cause de la mort.

Page 1