‹ Toto chez Tata, comédie en un acteChapitre 4 sur 18 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

des femmes du monde, quand surtout on a le bonheur d’avoir pour correspondante la marquise de Château-Lansac... (Avec orgueil.) C’est elle! c’est à elle et à son mari que papa m’a confié quand il a été nommé préfet... Il a été nommé préfet, papa,... il n’y a pas longtemps,... il y a quelques mois... Le jour où il a été obligé de partir pour sa préfecture, il a demandé au marquis et à la marquise de vouloir bien se charger de moi... Le marquis m’a donné une petite tape sur la joue, la- marquise m’a attiré vers elle et m’a embrassé. Ah! qu’elle sentait bon!... (changeant de ton.) Et il a été convenu que ce serait chez eux que je sortirais tous les dimanches !

Comme j’étais content! C’était moi qui avais la correspondante la plus gentille, la plus à la mode, la plus lancée... Il y avait des émeutes au parloir les jours où elle venait, et, quand elle traversait la première cour pour aller parler au proviseur, toutes les parties de balle s’arrêtaient... Les gFands remettaient vite leur tunique,... ils accouraient, formaient la haie et la regardaient passer... Elle aussi, les regardait, et alors, ils piquaient des soleils, oh! mais la des soleils! Ils devenaient rouges jusqu’aux oreilles... C’était elle qui racontait ça, et elle riait... Elle était si gaie, si bon garçon!...

Tout d’un coup, il y a six semaines environ, sa gaieté disparut. Un dimanche, au lieu de passer la

journée à s’occuper de moi, comme elle en avait l’habitude, ce fut à peine si elle m’adressa quelques

paroles, (n tire son mouchoir de sa poche, et machinalement, tout en parlant, il fait quatre noïuds aux quatre coins de ce mouchoir.) Le

marquis s’était montré un instant à déjeuner et s’en était allé tout de suite après... Le dimanche suivant, ce fut encore plus grave : le marquis ne se montra pas du tout, et je m’aperçus que ma correspondante avait pleuré. Je lui demandai ce qu’elle avait. Elle ne répondit rien; je le lui demandai une seconde fois...

Alors, elle me dit que c’étaient là des choses que les enfants ne pouvaient pas comprendre... et elle me donna une carte verte pour aller à l’Arc de l’Étoile, voir

l’entrée du shah, (sur ces derniers mots, loto se coiffe de son mouchoir, noué aux quatre coins. Le petit guichet de la porte s’ouvre, et parait la tète du Gardien. )

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