L. Ceschi
R. Arcispedale di S. Maeia Nuova e Spedali Riuniti
A di 14 gennaio 1867
Certiflca il sottoscritto segretario del suddetto Re-
gio Arcispedale come dai Registri dei morti che si tro-
vano nello Archivio di detto Luogo Pio apparisce che :
Bonajuti Giuseppe flglio di Pietro di amii settanta.
di Firenze, passô da questa ail' altra vita sotto di
venti del mese diluglio milleottocentosessantaquattro.
Ed in fede ec.
Il Segretario :
Nesi.
Visto per la legalizzazione
Pel Prefetto:
De Magny.
Voici les pièces qui constituent la polémique Franco- Italienne relative à l'affaire du Benivieni et à son auteur Giovanni Bastianini.
Aveu de la Chronique des Arts
(15 décembre 1867).
On se rappelle avoir vu, a l'Exposition rétrospective, organisée en 1865, au Palais des Champs-Ely-
sées , un buste en terre cuite qui avait toutes les apparences d'une œuvres florentine de la fin du XV. m* siècle et qu'une inscription , également vraisemblable, désignait comme le portrait de l'ami de Savonarole, Jérôme Benivieni.
A la vente du cabinet de M. de îsolivos, en 1860, ce buste fut poussé entre autres par un de nos sculpteurs et amateurs éminents, et il fut adjugé au Musée du Louvre, où il est aujourd'hui placé dans une des salles de la Renaissance.
Chacun connaît cette œuvre excellente qui, par l'intimité de la physionomie, le détail précis du modelé, l'expression du regard, la fidélité archaïque du costume rappelle si bien les monuments de la sculpture en Toscane, dans la période comprise entre 1490 et 1510. On pouvait aisément se tromper, et lu Gazette des Beaux-Arts s'y est laissée prendre comme tout le monde.
Des documents qui nous arrivent de Florence établissent en effet que le buste de Benivieni, loin de dater du XY.me siècle, n'est qu'un pastiche heureux et qu'il a été exécuté, eu 1804, par M. Bastianini.
Nous ne croyons pas devoir reproduire iu extenso toutes les pièces du dossier qui nous a été transmis. Mais nous donnerons le document le plus significatif: c'est l'attestation de M. Freppa, le marchand de Florence, qui a commandé le buste a M. Bastianini et qui l'a vendu à M. de Nolivos, non pas, dit-il, coin nie une u:uvre ancienne ou moderne . mais « tout bonnement tel que lut. M. de Nolivos, ■ponçait le voir et le juger. »
(Voyez l'attestation de M. Freppa à la page 70).
A l'attestation de M. Freppa (continue la Gazette des Beaux-Arts) dont nous laissons à chacun le soin de qualifier le caractère, s'ajoutent divers témoigna-
ges parmi lesquels nous remarquons celui d'un sculpteur, M. Lajarini Francesco *, qui a vu M. Bastianini modeler en terre le buste de Benivieni, et un certitiflcat signé par un certain nombre d'ouvriers de la manufacture des tabacs de Florence qui déclarent que le prétendu portrait de l'ami de Savonarola serait la tidèle image de leur ancien camarade Giuseppe Bouajuti. surnommé II Priore.
Les signatures que portent ces pièces sont duement légalisées par la municipalité de Florence, et nous n'avons aucune raison pour révoquer en doute leur authenticité.
En présence de ces documents, la critique française, les artistes et les amateurs les mieux informés devront , sans doute, avouer qu'ils se sont trompés sur le buste de Benivieni. Comme nous avons notre part dans l'erreur commune, nous tenons h être des premiers à la reconnaître, et quoique aucune rectification ne nous ait été demandée, nous croyons convenable de déclarer dès aujourd'hui que M. Bastianini a bien du talent lorsqu'il combat, sous le masque de Mino da Fiesole ou de Benedetto da Majano.
Mais nous espérons qu'à l'avenir M. Bastianini rejettera le masque, et que, sous son nom, il nous donnera des œuvres de la valeur du Benivieni.
Article du Journal le Nord
(20 décembre 1867).
Le Buste de Benivieni au Louvre.
Les amateurs d'art ancien, qui forment aujourd'hui uu public si nombreux, viennent d'être mis en émoi
* \>i lieu île GajiXfim Frahcesco.
par des assertions dénuées de fondement qui tendraient à faire passer pour une contrefaçon moderne le fameux buste de Benivienù admiré par tous les connaisseurs h l'exposition rétrospective, et qui occupe aujourd'hui au musée du Louvre la place qu'il mérite.
Que les amateurs se rassurent: ceux dont la bonne foi a été un moment surprise . pourront aisément, avec un peu d'attention, découvrir les fils blancs d'une trame ourdie avec une intrigue toute florentine. Et d'abord , — il faut bien le dire parce que c'est la vérité, — il n'y a, sous le scandale qu'on a voulu provoquer, qu'une question d'argent et d'intérêt particulier.
Voici en peu de mots ce qui s'est passé : Il y a trois ans un antiquaire de Florence, le signor F***, vend à un M. de Nolivos, moyennant 700 fr. , la terre cuite en question : un an après elle atteint à l'hôtel Drouot le prix de 13.600 fr. C'était un beau bénéfice : le vendeur, regrettant son marché, prétend en avoir sa part, — il veut manger, comme on dit dans son pays; — refus de l'acheteur; le signor F**k insiste avec promesse de se venger. En effet, il écrit une lettre où. il déclare que le buste avait été commandé par lui à un faussaire trop connu de Florence, G. Bastianini, et en même temps il ramasse à grand peine des signatures de complaisance, notamment celles d'ouvriers en tabacs, qui attestent que le buste d'un vecchio ressemble ;i un de leurs camarades mort depuis trois ans. Le bon billet qu'a le signor F*** ! Et qui nous prouve qu'il s'agit bien du Benivieni ? Notez que le prétendu modèle a rendu l'âme en 1S64, et qu'on attend trois ans après sa mort pour venir invoquer le témoignage de ses camarades!
Quant à l'affirmation du signor***, elle mérite un
médiocre degré de confiance de la part d'un homme qui se vante , lui antiquaire , d'avoir vendu , avec préméditation, une pièce fausse.
Il est notoire que le signor*** a toujours vécu de truquages ; plus d'un de ses tours est devenu classique : il amassa même dans ce métier quelque bien qui ne lui profita jamais, ce qui donne raison à certain proverbe ; et il ne lui reste aujourd'hui qu'une piteuse excuse qu'il invoque : ... Malesuada famés et turpis e g estas...
Ce qu'il y a de curieux, c'est que le prétendu auteur du Benivieni ne s'est pas encore prononcé, si séduisant qu'il soit de passer pour l'auteur d'un chefd'œuvre ; mais s'il ose dire un jour : Adsum qui feci! on lui répondra : Non ! — Vos ouvrages sont trop connus : quand les amateurs veulent juger vos terres cuites mignardes, ils le font en trois mots : — C'est du Bastianini. Non ! parce que vous avez fait ceci , vous n'avez pu faire cela, c'est-à-dire une œuvre vivante et pleine d'énergie : vous n'êtes pas l'auteur du Benivieni !
Et les vrais connaisseurs, ceux qui jugent avec leurs yeux et non avec les inspirations des autres, ceux-là sauront toujours gré à M. le surintendant des beaux-arts d'avoir enrichi notre musée d'un chefd'œuvre de la Renaissance, comme ils savent gré à un artiste du goût le plus pur, M. de Triqueti, de s'être généreusement effacé devant l'enchère du Louvre.
Qu'on intorroge les amateurs français ou étrangers qui connaissent le XV.m<1 siècle: MM. His de Lasalle. de Triqueti, Robinson, Ch. Perkins, Castellani, Eug. Piot, Timbal , Ch. Davillier, L. Carrand , etc. Leur réponse n'est pas douteuse.
Que si cepeudant G. Bastianini prétend avoir fait
le buste, nous lui dirons ceci : Faites une œuvre de mérite égal, et nos amateurs à.l'envi vous en offriront quinze mille francs.
Déclaration de Giovanni Bastianini, sculpteur.
(Traduction de la Déclaration originale publiée par le journal florentin le Diritlo).
Ayant lu dans divers journaux, et notamment dans le Nord du 29 décembre 1867, qu'on mettait en doute la modernité du buste en terre cuite de Jérôme Benivieni, qui se trouve placé actuellement dans une des salles du Musée du Louvre, comme étant une œuvre du XV. me siècle; et ayant été personnellement et calomnieusement insulté par l'auteur de l'article inséré dans le journal le Nord, signé des initiales E. C, lequel article, outre qu'il rapporte d'un bout à l'autre une maligne et fausse histoire, relative à la provenance, à l'achat et à la vente du buste en question, ainsi qu'à son auteur, me porte l'insolent défi de déclarer que ce buste soit de moi , en ajoutant que, quand bien même je l'affirmerais, il le nierait : Il est de mon devoir, comme de mon droit . d'affirmer solennellement devant le monde entier et sur ma parole d'honnête homme, ce qui suit :
1. Que le buste en terre cuite représentant Jérôme Benivieni , actuellement au Musée du Louvre , est