‹ Tournebut, 1804-1809; d'après des documents inéditsChapitre 109 sur 125 · Archives de la famille de Samt- Victor · texte numérisé non relu

Archives de la famille de Samt- Victor

MADAME DE VAUBADON 353

avait coupés de ses mains, tombèrent de nouveau sous le ciseau de l'exécuteur ; elle se revêtit d'une sorte de peignoir en flanelle blanche sur lequel on lui lia les mains; elle était prête; les portes s'ouvrirent ; un peloton de gendarmes entourait la charrette ^ : il était quatre heures et demie de l'aprèsmidi.

Par la rue du Gros-Horloge, le cortège se dirigea vers le Vieux-Marché. Quelqu'un^ qui le vit passer rapportait que la robe blanche de M"'" Acquêt, assise dans la charrette à côté du bourreau Ferey, les restes de ses cheveux noirs battant son visage « faisaient ressortir la pâleur de sa peau ; son attitude n'était ni abattue, ni hardie; on criait, auprès de la charrette, l'arrêt de la condamnation ».

Elle mourut tranquille, ainsi qu'elle vivait depuis des mois ; à cinq heures de l'après-midi, elle apparut^ très blanche et très calme sur la plateforme ; sans résistance, elle se laissa lier ; sans épouvante, sans cri, elle se coucha sur la bascule, qui, pivotant, l'amena sous le couteau. La tête tomba sans qu'aucun incident eût retardé l'exécution, ce dont se félicitaient les autorités dans le rapport qui, le soir même, fut adressé à Real : « La chose, était-il dit, n'a causé d'autre sensation que celle produite ordinairement par de semblables événements; la foule considérable n'a pas occasionné le plus léger trouble^.»

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