‹ Tournebut, 1804-1809; d'après des documents inéditsChapitre 65 sur 125 · Archives nationales. F · texte numérisé non relu

Archives nationales. F

2. On ne trouva chez lui que « 56 sols et un passeport délivré à Caen le 21 mars pour Bordeaux, visé le 2 mai à Cacn pour Cherbourg et non vise à Paris ».

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familière et hautaine, qu'il serait regrettable de ne point la citer :

Arrêté sur le soupçon d'un brigandage dont il m'est aussi important de me justifier que pénible d'avoir à le faire, mais plein de confiance en mon honneur qui ne s'est jamais démenti et dans l'équité bien connue de votre caractère, je vous prie de m'accorder une audience de quelques minutes pendant lesquelles, disposé à répondre à chacune de vos questions, à les prévenir même, je me flatte de vous convaincre que la situation de mes affaires et surtout ma conduite de toute la vie doivent me mettre au-dessus de la suspicion d'un brigandage particulier.

J'espère aussi, Monsieur, que cet entretien dont votre justice me garantit la faveur vous convaincra que je ne suis point frappé de folie au point de me livrer à un brigandage politique et de songer à lutter contre un gouvernement auquel ont dû céder les plus fiers souverains...

A. Le Chevalier \

EtpourbieQ établir qu'il n'avait pu prendre part au vol du 7 juin, il joignait à sa lettre vingt attestations de personnes honorables et connues qui l'avaient vu à Paris ou qui y avaient dîné avec lui à chacun des jours du mois depuis le 1" jusqu'au 20; au nombre de ces témoins étaient son compatriote le poète GhênedoUé et le D"" Dupuytren qu'il avait consulté sur « l'urgence de se faire amputer les doigts de la main gauche malade depuis longtemps ». Il avait même eu le soin de se montrer au Te Deum chanté à Notre-Dame pour la prise de Dantzig.

Ses précautions, on le voit, étaient bien prises et

i. Archives nationales, F^ 8171.

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cette fois encore son aplomb allait triompher de la mauvaise fortune quand Real, très embarrassé de ce prisonnier beau parleur, imagina de l'expédier à Gaen, dans l'espoir qu'une confrontation avec Flierlé, Grand-Charles et les Buqaet déjà arrêtés, amènerait quelque résultat. Mais, bien que Caffarelli fût intimement convaincu que Le Chevalier était le chef du complot; bien qu'on eût perquisitionné avec soin — sans trouver pourtant autre chose que des papiers particuliers — dans sa maison de la rue Saint-Sauveur; bien que Flierlé, mis en sa présence, l'eût reconnu pour être l'homme à qui il servait de courrier et de secrétaire, — ce à quoi l'autre répondit avec mépris que « l'Allemand n'était pas d'espèce à être son domestique et qu'il n'y avait entre eux que les rapports ordinaires entre le bienfaiteur et l'obligé», il n'était pas douteux qu'il ne se rencontrerait jamais un tribunal pour condamner un homme qui se trouvait, le jour du crime, à soixante lieues de l'endroit où il avait été commis'. Quant à le poursuivre comme royaliste approuvant le vol des fonds publics, autant valait mettre en jugement la Normandie tout entière. D'ailleurs, pour Caiïarclli, qui ne se leurrait pas sur les sentiments de ses administrés et qui redoutait toujours l'explosion imminente d'une nouvelle Chouannerie, la présence de Le Chevalier dans les prisons de Caen était un perpétuel cauchemar ~ :

1. « Le Chevalier sera sûrement acquitté pour le vol. » Le préfet du Calvados à Real, 10 août 1807. Archives naliouales, F^ 8171.

2. Caffarelli craignait que Le Chevalier ne fût enle\'é au cours du voyage de Paris à Gaen, et ses craintes n'étaieût oas saaf

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Allain pouvait surgir tout à coup avec une armée et renouveler, au profit do son chef, une tentative d'enlèvement' semblable à celles qui, sous le Directoire, avaient sauvé la vie au vicomte de Chambray ou au chevalier Destouches et dont toute la province s'était amusée et émue. Et voilà pourquoi, très peu soucieux de s'encombrer d'un détenu si compromettant, le prudent préfet avait, au bout de quatre jours, obtenu de Real l'autorisation de renvoyer à Paris Le Chevalier qui fut définitivement écroué au Temple^. Ah! la belle lettre qu'il écrivit, à peine rentré, au ministre de la police et comme il s'y posait en rival malchanceux de Napoléon!

motifs. Le prisonnier, dont on avait annoncé le départ de Paris le 23 juillet, n'était pas encore arrivé à sa destination le 7 aoiit. « Si nous n'étions à l'approche de la foire de Guibray, il eut été facile de mettre Le Clievalier entre deux gendarmes dans la première diligence et de l'amener de suite ici. Mais dans ce temps-ci les voitures étant encombrées de voyageurs, je me suis déterminé à requérir M. Manginot qu'il fit partir, sur-le-champ, deux gendarmes en poste pour aller au devant de Le Chevalier, l'enlever s'il est possible la nuit, et arriver de même afin que ses partisans ne puissent savoir ce qu'il est devenu. . Allain a promis un coup de fusil ou du poison au premier qui révélerait quelque chose et un secours de 200 hommes déterminés pour enlever ceux qui seraient arrêtés. Flierlé confirme ces détails en témoignant la plus grande crainte d'être découvert comme dénonciateur, il redoute surtout le poison. »

Lettre du préfet du Calvados à Real, 7 août 1807- Archives nationales, F-' 8171.

1. 11 fut établi que Le Charpentier fils, notaire aux environs d'Argentan, avait réuni quelques hommes pour enlever Le Chevalier, lors de son transfèrement à Caen. Archives nationales, F-" 8171.

2. Écrous du Temple, 16 août 1807. Le concierge du Toiuple recevra, en se conformant à la loi, le nommé Le Chevalier qui sera détenu au secret. Signalement : « 27 ans, propriétaire à Caen, taille, l'°,76, cheveux et sourcils châtain foncé, front élevé et bombé, yeux bruns, nez court, pincé du haut et un peu large du bas, bouche moyenne, m?nlon un peu long et relevé, visage

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