‹ Tournebut, 1804-1809; d'après des documents inéditsChapitre 68 sur 125 · Archives nationales, F · texte numérisé non relu

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Quesnay, une ardeur et un zèle qui contrastaient singulièrement avec l'indolence de son collègue du Calvados. Savoye-Rollin appartenait à une ancienne famille parlementaire ' ; avocat général au parlement de Grenoble avant 1790, il s'était rallié aux idées modérées de la Révolution et avait été nommé, au 18 Brumaire, membre du Tribunal. A cinquantedeux ans, en 1806, il remplaçait Beugnot à la préfecture de Rouen. C'était un fonctionnaire distingué travailleur, très digne et possesseur d'une belle fortune.

Real s'en remit à Savoye-Rollin du soin de découvrir la retraite de d'Aché qui avait habité, on se le rappelle, avant le débarquement de Georges, la ferme de Saint-Clair, près de Gournay, et qui possédait quelques terres dans l'arrondissement de Neufchâtel. La police de Rouen n'était ni mieux organisée ni plus nombreuse que celle de Caen, mais elle avait pour chef un personnage singulier dont l'activité supplr-ait aux qualités qui manquaient à ses agents. C'était un petit homme instruit, remuant, malin, plein d'imagination et d'esprit, ayant son franc parler avec tout le monde et ne craignant, comme il le disait lui-même, « ni femme, ni Dieu, ni diable ». Il s'appelait Licquet- et avait en 1807, cinquante-trois ans; la Révolution l'avait,

1. Jacques-Fortunat Savoye-Rollin, né à Grenoble, le 18 décembre 1754. Il avait épousé, en 1788, une sœur oc Gasimir- Périer : c'était une femme d'un grand mérite; après qu'elle fut morte, Savoye-Rollin publia une notice biographique intitulée Machane de Rollin. Greuoble, s. d. in-S" de 13 pages, signé à la fin : G. Real.

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