Archives nationales, F
LICQUET 193
Ne devait-elle pas se retrouver, cinq ans plus tard, dans l'étonnante conception de Malet. Les choses, en 1814, se passèrent-elles différemment ? L'empereur vaincu, la défection des généraux, le débarquement des princes, l'intervention d'un gouvernement provisoire, le rétablissement de la monarchie, telle fut, dans la réalité, la suite des événements : c'était celle qu'avait prévue Georges, celle que d'Aché escomptait également, celle que Le Chevalier augurait avec une clairvoyance si nette, et qui, pour miraculeuse qu'elle parût à bien des gens, fut simplement le résultat logique d'un effort continu, la réussite d'une conspiration dont les acteurs avaient changé bien des fois, mais qui n'avait point subi de trêve, depuis le coup d'Etat de Brumaire jusqu'à l'abdication de Fontainebleau.
Les chefs delà police impériale se voyaient donc en présence « d'une nouvelle affaire de Georges ^ » ; des révélations partielles de Flierlé, du peu qu'avaient raconté les Buquet, on inférait que d'Aché pouvait en être le chef et l'on recommandait à toutes les autorités » de bien chercher sans rien ébruiter ». En dépit de ces exhortations, Gaffarelli semblait se désintéresser du complot, qu'il avait déclaréen dernière analyse <( vaste mais fou » et qui ne lui semblait pas devoir mériter davantage son attention.
Le préfet de la Seine-Inférieure, Savoye-Rollin avait montré, chaque fois que Réals'était adressé à lui au sujet d'incidents se rattachant à l'affaire du