Renseignements particuliers
mêmes que, plus tard, elle rapportait sa réponse — « le ministre a tenu sa parole en vous rendant la liberté, je dois tenir la mienne; l'honneur le veut : hésiter serait une faiblesse, y manquer serait uncrime ».
Le 6 au matin, persuadé — ou feignant de l'être — que Fouché allait faciliter son passage en Angleterre, il embrassa son enfant et sa belle-sœur.
— Allons, dit-il, c'est aujourd'hui le jour des Rois ; c'est un beau jour ; faites dire une messe pour nous et préparez le déjeuner-, je serai de retour dans deux heures ^
Deux heures plus tard, l'inspecteur Pasque le réintégrait au Temple et veillait à ce qu'il fût mis « fers aux pieds et aux mains, au secret le plus rigoureux, sous la surveillance d'un agent de police qui ne devait le quitter ni jour ni nuit». Le soir même, Fouché adressait à l'empereur un rapport spécial oii nulle mention n'était faite de la chevaleresque démarche de Le Chevalier : il y était dit que « les agents s'étaient saisis de ce brigand chez une femme avec laquelle il avait des relations et qu'ils avaient pu se jeter sur lui avant qu'il fît usage de ses armes 2 ». Le 9 au matin, le commandant Durand, de l'état-major de la place, se présentait au Temple et faisait lever l'ccrou du prisonnier 3, qui comparaissait à midi devant une commission militaire, assemblée dans une salle de Fétat-major, quai Voltaire, n° 7. Cette juridiction expéditive