Registres du Temple. Archives de la préfecture de police
être bien peu avouables, car dans les rapports adressés à l'empereur, tenu journellement au courant de toute l'affaire, les péripéties en sont manifestement défigurées. Voici les faits qu'on ne peut mettre en doute : Le Chevalier avait trouvé dans Paris « une retraite impénétrable oij il aurait pu braver impunément les efforts de la police » ; Fouché, spéculant sur les sentiments du fugitif, décerna aussitôt un mandat d'amener contre M"" Thiboust. Par qui Le Chevalier fut-il informé, dans sa cachette, de l'arrestation de sa belle-sœur? C'est là que se place, évidemment, l'intervention d'un tiers. Toujours est-il que le proscrit écrivit au ministre, « lui offrant de se représenter aussitôt que la liberté serait rendue à la femme qui servait de mère à son fils ». Fouché fit amener en sa présence M"° Thiboust et lui délivra un sauf-conduit de huit jours pour Le Chevalier, « avec l'assurance positive et réitérée de donner à celui-ci un passeport pour l'Angleterre aussitôt qu'il se livrerait^ ».
La dame rentra chez elle, rue des Martyrs, oii Le Chevalier, prévenu, vint la trouver : c'était le 5 janvier 1808, au soir. Il couvrit de caresses son petit garçon et le fît coucher dans son lit : l'enfant se souvint toujours des baisers qu'il reçut cette nuit-là...
jyjme Thiboust, fort peu rassurée par la promesse de Fouché, suppliait son beau-frère de prendre la fuite.
— Non, non, répliquait-il — et c'est en ces termes