ÉPILOGUE
Une lettre d'écriture féminine, adressée à Timo léon de Gombray « hôtel de la Loi, rue de Richelieu », et portant les traces d'un cachet de cire noire, anxieusement brisé : «Hélas! mon cher cousin, vous conserviez encore de l'espoir quand il n'y en avait plus... Je ne quitte pas madame votre mère et je suis inquiète de l'état de M.deBonnœil», voilà tout ce que nous avons recueilli sur la façon dont la mère et les frères de Mmc Acquêt connurent l'exécution du 6 octobre. Mme de Gombray, d'ailleurs, montra sinon un grand calme, du moins beaucoup d'énergie. Dès l'hiver, les lettres adressées à Timoléon reprennent le ton habituel • : le grand deuil semble oublié ; tous se liguent contre Acquêt, toujours triomphant à Donnay et qui menace de faire rafle de toute la fortune. Le procès avait coûté des sommes énormes : outre le « principal » de la condamnation de Mms de Gombray,
i. Archives de la fumillc de Saint-Victor.
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63.076 fr. 85. nuntant de la somme soustraite dans le bois du Quesnay, et que la marquise devait rembourser, il lui avait fallu verser 12.000 francs pour» corrompre Licquet1», 10.000 francs pour les honoraires de Chauveau-Lagarde, 3.135 francs pour Me Gady de la Vigne, son avocat, 4.600 francs pour les voyages de Ducolombier avec les fillettes à Paris et à Vienne; au total l'argent déboursé montait à près de 125.000 francs et, comme la terre de Tournebut était sans fermier, comme Acquêt détenait tous les biens de Basse-Normandis et n'en voulait rien rétrocéder, la fortune de la marquise et des ses fils se trouvait presque réduite à néant : il ne restait même plus un écu des 25.000 francs déposés en espèces chez Legrand, l'homme d'affaires, en août 1807. Tout avait passé « aux besoins des détenus et à leurs intérêts ».
Acquêt fut intraitable : quand vint l'heure de la liquidation, il se refusa insolemment à participer aux frais du procès et de la pension de ses enfants: — « Mmede Combray, déclarait-il, pour satisfaire ses projets délirants de conspiration, a employé sottement l'argent de sa fille à soudoyer des agents subalternes et elle viendra ensuite se plaindre que Mme Acquêt manquait de pain, qu'elle l'a nourrie, qu'elle a payé la pension des enfants... Inme Acquêt a quitté la maison maritale sur le conseil de sa mère qui voulait faire d'elle sa complice; on a enlevé les enfants; le père ignore le lieu de leur retraite, et
1. M. de Saint-Léonard, maire de Falaise, avait, sur cette somme prêté 4.000 fronci.