Archives nationales, F
2. On di'non^ait particulièrement la maison de M^'de Senneville, rue de Paris, 78. Archives nationales, F7 63t»7.
le résultat de cette campagne fut piteux : on ne parvint à arrêter1 que le frère cadet de d'Aché, brave homme inofîensif et extrêmement borné2 qui portait le prénom justifié de Placide, et qu'on appelait familièrement Tourlour, à cause de sa lourdeur d'esprit et de sa rotondité 3. Sa plus grande crainte était d'être confondu avec son frère, ce qui lui était advenu fréquemment ; d'Aché l'aîné étant insaisissable, c'était sur Placide, qui aimait la tranquillité et ne bougeait guère de chez soi, que dévoyaient invariablement toutes les enquêtes. Cette fois encore la chose ne manqua pas et Manginotmit la main sur lui, croyant faire merveille; le premier interrogatoire le détrompa. Pourtant il rendit compte de sa prise à Real qui, dans son ardent désir de satisfaire aux ordres du Premier Consul, essaya de donner le change et prit sur lui d'assurer que Placide d'Aché était un brigand royaliste tout aussi redoutable que son frère; il expédia l'ordre de traîner sous forte escorte le prisonnier à Paris, se réservant de l'interroger lui-même ; mais, dès qu'il eût vu Tourlour, dès qu'il lui eût posé quelques questions, entre autres sur sa conduite pendant la Terreur, l'autre ayant répondu : « — Je me suis caché chez maman », Real comprit que ce n'était pas là un homme digne d'être posé devant un tribunal, en rivai de Ronaparte. Il le garda cependant en
i. Le 1er mars 1804, à Rouen.
2. Lettre de Savoye-Rollin, préfet de la Seine-Inférieure, à Real. Archives nationales, Fr 8110.
3. 11 s'appelait Louis-Placide d'Aché, il était ancien officier du régiment de Bassigny-infanterie.
prison pour que le nom d'Acné figurât tout au moins sur le livre d'écrou du Temple.
Du reste, à l'heure où, le 9 mars 1801, Placide d'Acné subissait son interrogatoire, un événement se produisit qui transformait le drame et en hâtait le tragique dénouement.