‹ Tournebut, 1804-1809Chapitre 42 sur 115 · Archives nationales. Dossier Montfiquet. F7 8Ui · texte numérisé non relu

Archives nationales. Dossier Montfiquet. F7 8Ui

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M. de Montfiquct, revenu de l'étranger enl'an VII ', avait tant bien que mal reconstitué son petit domaine de Mandeville : il y vivait pauvrement avec les siens dans l'espoir du retour de la monarchie qui ramènerait des jours meilleurs. Tous ces motifs assuraient là, à d'Àché, non seulement un abri sûr, mais un concours de tous les instants; le très petit nombre de personnes au courant de ce qui se passait à Mandeville étaient persuadées que Ml!o Henriette avait sur le proscrit une grande influence et qu'elle était, depuis longtemps, sa maîtresse1. De l'avis unanime, elle recevait toutes ses confidences et le servait en admiratrice passionnée. De fait, elle lui avait ménagé, pour les cas d'alerte, d'autres retraites aux environs de Trévières : l'une au moulin de DuCgy, l'autre chez M. de Gantelou à Lingèvres; une troisième enfin, chez un tanneur de Bayeux, nommé la Péraudiôre. Et, pour l'escorter dans ses expéditions, elle avait recruté un homme d'une audace inouïe qui brigandait depuis dix ans dans la région; il avait à venger la mort de ses deux frères, tombés dans un guet-apens et fusillés à Bayeux en 1796; on l'appelait David l'Intrépide. Dix fois condamné à mort et certain d'être immédiatement fusillé s'il était pris, David n'avait pas de domicile; parles nuits de tempête, il s'embarquait dans un canot qu'il conduisait et, sûr de n'être pas rejoint, il gagnait l'Angleterre où il

1. Interrogatoire de Richard-Michel Guilbert, 7 jaavier 1808. Archives du greffe de la Cour d'assises de Rouen.

2. Déclaration du notaire Lefebvrc. Lettre du préfet de la Seine > Inférieure à Real. Archives nationales. F* 8171.

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servait de commissionnaire aux émigrés ; on assure même qu'il n'était pas sans influence dans l'entourage du comte d'Artois1. Quand il -séjournait en France, il logeait chez une vieille dame, ancienne gouvernante d'un conseiller au Parlement de Normandie2, qui habitait seule un ancien hôtel de Baveux et à qui M"0 Henriette de Montfiquet l'avait recommandé. David n'y tenait pas grand'place ; quand il arrivait, il faisait basculer deux marches de l'escalier machinées à son idée, se glissait dans une cavité que cette manœuvre découvrait et remettait la chose en place; toute la gendarmerie du Calvados aurait pu monter au premier étage et en redescendre sans se douter qu'un homme était caché dans la maison où, d'ailleurs, on ne le chercha jamais3. T:ls 6! aient les moyens et le personnel dont disposait d'Àché4 sur sonnouveau terrain d'opérations : une pauvre fille bossue formait son conseil, et son aimée se composait de David Y Intrépide. Du reste, il n'avait pas un sou vaillant; au commencement de l'automne, Mme de Combray lui envoya huit louis par Lanoë, garde-chasse qu'elle avait eu à son service et qui occupait maintenant une petite ferme

1. Cet homme serait d'autant plus essentiel à entendre qu'il a accompagné M. Alexandre (d'Aché) chez M. de la Chapelle et qu'il possède les secrets de son cabinet. » Déclaration de Guilbert, 17 janvier 1808. Archives du greffe de la Cour d'assises de Rouen.

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