Archives nationale», F
Qucsnay, une ardeur et un zèle qui contrastaient singulièrement avec l'indolence de son collègue du Calvados. Savoye-Rollin appartenait à une ancienne famille parlementaire1 ; avocat général au parlement de Grenoble avant 1790, il s'était rallié aux idées modérées de la Révolution et avait été nommé, au 18 Brumaire, membre du Tribunal. A- cinquantedeux ans, en 1806, il remplaçait Beugnot à la préfecture de Rouen. C'était un fonctionnaire distingué travailleur, très digne et possesseur d'une belle fortune.
Real s'en remit à Savoye-Rollin du soin de découvrir la retraite de d'Aché qui avait habité, on se le rappelle, avant le débarquement de Georges, la ferme de Saint-Clair, près de Gournay, et qui possédait quelques terres dans l'arrondissement de Neufchâtel La police de fiouen n'était ni mieux organisée ni plus nombreuse que celle (Je Caen, mais elle avait pour chef un personnage singulier dont l'activité suppléait aux qualités quj manquaient à ses agents. C'était un petit homme instruit, remuant, malin, plein d'imagination et d'esprit, ayant son franc parler avec tout le monde et ne craignant, comme il le disait lui-môme, « ni femme, ni Dieu, ni diable ». Il s'appelait Licquet 2 et avait en 1807, cinquante-trois ans; la Révolution l'avait,
1. Jacques-Fortunat Savoye-Rollin, né à Grenoble, lo 18 décembre 1154. 11 avait épouse, en 1788, une sœur oe Casimir- Péricr : c'était une reiu.;iio d'uu ^rand mérite; après qu'elle fut morte, Savoye-Uolliu publia une notice biographique intitulée Madame de li«Uin. (îrenoble, s.d. in-8° do 15 payes, signé à la fin ; G. Real.
S. Ses prénoms étaient Pierre- Aloxamlre,
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trouvé procureur du roi de la maîtrise des eaux et forêts de Caudebec, fonctions qu'il avait résignées en 1790 pour venir occuper à Rouen un emploi dans l'administration municipale. En l'an IV, il 6tait chef du bureau de l'Instruction publique1; mais, en réalité, il faisait, lui seul, toute la besogne de la mairie et un peu aussi celle du département, si bien qu'il se trouva tout naturellement amené, en 1802, au poste de secrétaire en chef de la municipalité; il délivrait et visait en cette qualité les passeports. Depuis cinq ans, personne d 'avait pu voyager dans la Seine-Inférieure sans passer par son bureau ; comme il avait de la mémoire et que ses fonctions « l'amusaient », il gardait un souvenir très net de tous les gens qu'il y avait toisés et signalés ; il se rappelait fort bien avoir signé, en décembre 1803, le passeport qui avait servi à d'Aché pour se rendre de Gournay à Saint-Germainen-Laye, et il conservait la vision très précise de cet homme robuste, grand, au front élevé, aux cheveux noirs2; Licquet connaissait d'ailleurs d'Aché assez particulièrement pour être instruit de ce détail intime « qu'il avait les ongles de pieds tellement recourbés dans la chair qu'il marchait dessus ? » .
Depuis cette rencontre avec d'Aché, les attributions de Licquet avaient encore grandi : tout en conservant sa place de secrétaire général, il avait