‹ Tournebut, 1804-1809Chapitre 83 sur 115 · Registres du Temple. Archives de la préfecture de police · texte numérisé non relu

Registres du Temple. Archives de la préfecture de police

être bien peu avouables, car dans les rapports adresses à l'empereur, tenu journellement au courant de tonte l'affaire, les péripéties en sont manifestement défigurées. Voici les faits qu'on ne peut mettre en doute :*Le Chevalier avait trouvé dans Paris « une retraite impénétrable où il aurait pu braver impunément les efforts de la police » ; Fouché, spéculant sur les sentiments du fugitif, décerna aussitôt un mandat d'amener contre Mme Thiboust. Par qui Le Chevalier fut-il informé, dans sa cachette, de l'arrestation de sa belle-sœur ? C'est là que se place, évidemment, l'intervention d'un tiers. Toujours est-il que le proscrit écrivit au ministre, « lui offrant de se représenter aussitôt que la liberté serait rendue à la femme qui servait de mère à son fils ». Fouché fit amener en sa présence Mme Thiboust et lui délivra un sauf-conduit de huit jours pour Le Chevalier, « avec l'assurance positive et réitérée de donner à celui-ci un passeport pour l'Angleterre aussitôt qu'il se livrerait1 ».

La dame rentra chez elle, rue des Martyrs, où Le Chevalier, prévenu, vint la trouver : c'était le 5 janvier 1808, au soir. Il couvrit de caresses son petit garçon et le fit coucher dans son lit : l'enfant se souvint toujours des baisers qu'il reçut cette nuit-là...

Mmo Thiboust, fort peu rassurée par la promesse de Fouché, suppliait son beau-frère de prendre la fuite.

— Non, non, répliquait-il — et c'est en ces termes

1, Renseignements particuliers.

Ifl

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mêmes que, plus lard} elle rapportait sa réponse — « le minisire a tenu sa parole en vous rendant la liberté, je dois tenir la mienne; l'honneur le veut : hésiter serai tune faiblesse, y manquer serait un crime ».

Le 6 au matin, persuadé — ou feignant de L'être — que Fouché allait faciliter son passage en Angleterre, il embrassa son enfant et sa belle-sœur.

— Allons, dit-il, c'est aujourd'hui le jour des Rois; c'est un beau jour; faites dire une messe pour nous et préparez le déjeuner; je serai de retour dans deux heures *.

Deux heures plus tard, l'inspecteur Pasque le réintégrait au Temple et veillait à ce qu'il fût mis « fers aux pieds et aux mains, au secret le plus rigoureux, sous la surveillance d'un agent de police qui ne devait le quitter ni jour ni huit». Le soir même, Fouché adressait à l'empereur un rapport spécial où nulle mention n'était faite de la chevaleresque démarche de Le Chevalier : il y était dit que « les agents s'étaient saisis de ce brigand chez une femme avec laquelle il avait des relations et qu'ils avaient pu se jeter sur lui avant qu'il fît usage de ses armes2 m. Le 9 au matin, le commandant Durand, de l'état-major de la place, se présentait au Temple et faisait lever l'écrou du prisonnier3, qui comparaissait à midi devant une commission militaire, assemblée dans une salle de l'état-major, quai, Voltaire, n° 7. Cotte juridiction expéditivo

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