‹ Tournée a la mode dans les États-UnisChapitre 20 sur 49 · J 88 NOTICE SUR LES INSTITUTIONS · texte numérisé non relu

J 88 NOTICE SUR LES INSTITUTIONS

était en i8i2, s'est accrue dans la proportion de vingi pour un , non par le nombre de ses vaisseaux , mais en conside'rant leur dimension et leurs moyens d'attaque et de défense. En 1812, les Américains n'avaient que sept frégates, dont trois seulement étaient de grande dimension, tandis qu'à présent ils pourraient mettre en mer trente-sept bâtimens de cette espèce. Le plus petit de ces vaisseaux est égal au plus grand qu'ils possédaient alors, et le plus grand est six fois plus fort.

La guerre de 1812a i8i5 a démontré aux Américains que ni leur commerce ni leurs cotes ne sont en sûreté, en pareille circonstance, sans une force navale. Le grand et rapide accroissement de leur marine est dû à cette seule conviction, et annonce que la nation est bien décidée à se faire respecter.

Sur la foi de l'oracle de Delphes, un peuple de l'antiquité trouva son salut dans des jnuraîlles de bois. En suivant cet exemple, les Américains prouveront que l'oracle fut toujours infaillible.

Commerce. Le génie maritime que les Amc'ricains ont manifesté dès les premiers temps de la colonisation doit sans aucun doute être attribué originairement au caractère de leurs ancêtres ; et leur commerce a toujours été , proportion gardée avec la population et les ressources du pays, plus considérable que celui d'aucun autre peuple.

La population actuelle des Etats-Unis peut être évaluée à 12,000,000 d'habitans, et dans ce calcul on comprend les nouveaux états, dont les établissemens sont à peine formés, et ne leur permettent pas encore de déployer leur activité au dehors. Le montant des chargemens annuels excède de beaucoup 1,4005000 tonneaux; et ce montant, supposé exact , serait dans la proportion d'un à huit et

demi. Le tonnage des Anglais est à peu près de 2,5oo,ooo ; ainsi, sur 28,000,000 d'habitans que renferme l'empire britannique, y compris le Canada , les Indes occidentales et tous les pays tributaires de cette puissance , ce serait un tonneau pour neuf individus. Il résulte de cet aperçu que les Américains , comparés aux habitans de la Grande- Bretagne , apportent à la navigation un penchant qui est dans la proportion de sept à cinq.

En 1790, sur 606,000 tonneaux de marchandises, plus de 25 1,000 tonneaux étaient frétés sur des navires étrangers. En 1794» sur 611,000 tonneaux, 84,000 appartenaient à d'autres nations; mais en 1820, année où le commerce fut très languissant, on employa cependant 880,000 tonneaux, dont 79,000 seulement n'appartenaient pas aux Américains. Dans cette évaluation sont compris les échanges avec toutes les nations plus ou moins commerçantes.

Le commerce entre les Etats-Unis et l'Angleterre , le plus important de tous quant au tonnage, est dans le rapport de trois à un en faveur des premiers. Avec les autres pays , il varie selon le caractère plus ou moins maritime des peuples; mais, en définitive, la balance se trouve être en faveur des Américains.

Le commerce intérieur se fait avec la plus grande facilité, au moyen des rivières qui parcourent le pays dans toutes les directions. Une permission de navigation ne coûte que deux dollars , à ce que je crois ; et lorsqu'un navire l'a obtenue , rien ne peut s'opposer à son passage sur tous les fleuves de l'Union. La plus parfaite harmonie règne dans la confédération sur tous les objets relatifs au commerce. Il est facile aussi d'établir, sur un développement de quinze cents lieues , un commerce intérieur, par le moyen des lacs ou mers d'eau douce ; et comme si tous ces avantages étaient insuffîsans, la nature a placé les

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