I 86 IVOTICE SUR LES INSTITUTIONS
fait très cher vivre à Washington-City. Un ambassadeur a 9,000 dollars; c'est trop peu pour les ambassades de Paris et de Londres. Je me permettrai donc de dire au Congrès : Il est beau, sans doute, d'être économe des deniers publics, mais il faut l'être sans parcimonie.
Armée. En temps de paix , l'armée régulière , ou troupe de ligne, au service des Etats-Unis, est de six mille hommes , et en temps de guerre on l'augmente de quelques regimens composés de nouvelles recrues. Il s'agit pourtant d'un pays qui a neuf ou dix fois l'étendue de la France, et tout son état militaire ne vaut pas la garnison de Paris. « Mais, disent les Américains à ceux qui en paraissent surpris, nous sommes particulièrement favorisés par notre position géographique, et nous sommes trop jaloux de notre liberté, de notre indépendance, pour jamais entretenir des armées nombreuses ; nous aimons mieux nous confier au zèle et au patriotisme de la nation. » En conséquence, on a formé dans chaque état des compagnies de milice : tout homme en age de porter les armes est soldat, et au moment du danger il doit marcher contre l'ennemi. •
Je sais que les Américains n'ont point l'ambition des conquêtes, et ne s'armeront jamais pour troubler le repos des peuples; mais leur pays n'est pas à l'abri d'une invasion , et tout récemment ils en ont eu la preuve. Or, en supposant même que les milices soient en état de se mesurer avec des troupes disciplinées , aguerries et formées à la tactique européenne , n'est-il pas évident que cette organisation militaire a pour résultat d'exposer aux plus grands dangers des citoyens, des pères de famille, en un mot, les hommes les plus utiles, les plus recommandables, les plus précieux de la société ? Et ces pèj es de famille, frappés à mort sur le champ de bataille , laissent après eux des
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veuves et des orphelins , et souvent encore ils ont la douleur, en expirant, de voir l'ennemi victorieux et leurs foyers envahis! La guerre de 1812 en a fourni malheureusement plus d'un exemple.
Tels sont les inconvéniens et les dangers de ce système; le gouvernement les a sentis, et a trouvé, je crois, le moyen d'en atténuer les fâcheuses conséquences. Dès que la paix de 181 5 fut conclue, il s'occupa de faire fortifier les points vulnérables sur toute l'étendue des côtes et frontières de l'Union : en même temps il porta ses vues et son activité sur l'accroissement de la marine militaire; et chaque année il multiplie ces sentinelles avancées, ces citadelles flottantes destinées à devenir un jour l'orgueil, la gloire et la sauve-garde du pays.
Marine. En 18 12, la marine des Etats-Unis se composait des bâtimens suivans : trois frégates de 54 canons, trois de 5o, une de ^1 , deux de 24, et huit ou dix chaloupes et goélettes portant de 10 à 20 canons. Il y avait trois ou quatre autres frégates de moindre dimension , mais elles étaient hors d'état de servir. La marine entière comptait tout au plus vingt bâtimens de guerre de toutes dimensions.
Voici la liste actuelle des bâtimens dans le cas de tenir la mer : un bâtiment de premier rang; huit de la première classe et du second rang, et trois de la seconde classe; neuf de la première classe, du troisième rang; trois de seconde classe, du même rang; de plus, seize corvettes et chaloupes de guerre , auxquelles il faut joindre encore quelques goélettes et vaisseaux légers , dont le nombre varie constamment. On peut évaluer à cinquante voiles la force navale réellement en activité, et composée de vaisseaux de toutes dimensions.
La force navale des Etats-unis, comparée à ce qu'elle