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d'Auch tenait pour la route des Petites Landes, tandis que Tourny montrait pour celle des Grandes Landes une préférence marquée. Chacun voulait s'épargner quelque relais. Le voyage devait être moins long d'un jour par les Grandes Landes, mais il était Impossible de loger même un tiers du cortège à Lesperon ou à Labouheyre, encore moins à St-Vincent. L'intendant d'Auch, qui avait prié Tourny de ne pas circonvenir à ce sujet le comte de Noailles, sempressa de l'influencer lui-même, quand l'occasion se présenta. Le comte choisit les Petites Landes. Tourny ne trouva pas mauvais qu'on eût décidé contre son avis, et, la résolution du comte une fois prise, il s’y rallia avec empressement.
Les infantes se firent longtemps attendre. Les intendants perdaient leur temps dans les préparatifs. De Noailles les renseignait sur le caractère et sur les intentions des princesses, sur les dispositions à prendre pour l’ameublement des appartements,
et encore sur les menus à servir. La jeune infante ne pouvait voyager qu'entre huit heures du matin et quatre heures du soir. « Elle a peur quand la nuit vient », écrivait en post-scriptum le comte de Noailles 1. Un fauteuil avec un dais devait êlre placé dans la salle qui précédait la chambre à coucher de l’infante mère ?. La même princesse aimait assez la bonne chère: « Les jours gras, disait un autre post-scriptum, Madame désire du gras, du poisson et des épinards; et les jours maigres, rien que du gras et toujours des épinards #. » De l’un à l’autre, les intendants se passaient le mot d'ordre. De la Bove renseignait Tourny sur les questions de véstiaire; Tourny lui-faisait parvenir du vin de Champagne et du vin de Bourgogne. Pour avoir des carrosses, il s'adressait luimême aux principaux personnages de la province, à l'archevêque, au premier président, aux présidents Cazeaux, de Ségur, de la Tresne et de Lavie; à MM. de Montesquieu et de Pontac ; aux négociants des Chartrons, MM. Fégère, Bromer; à l'abbé Lambert, etc., etc. Il faisait de grands préparatifs de nourriture à St-André-de-Cubzac et rédigeait lui-même les menus des diverses tables. Comme les infantes étaient annoncées, il eut à prendre ses dispositions pour le premier repas qu'elles devaient faire à