‹ TournyChapitre 115 sur 494 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

pe Police de l’intendant.

[. L’intendant et les Polices locales. — IL. La Police des Étrangers:-=ll La Police de Mo ee Police des Jeux. — V. La Police des Livres. — VI. La Police des Communautés d'Arts et Métiers. — VII. Statistique et Recensement.

Le

L’Intendant et les Polices locales.

En fait de police, l’action de Tourny se trouve assez contrecarrée dans Bordeaux même. L'on y parle pourtant, en 1747, d'appliquer la réforme introduite par Tourny à Limoges, quelque dix ans auparavant, à savoir, l’élablissement de commissaires de quartier. Le projet n'eut pas de suite, semble-t-il. En tout cas, le rôle joué par Tourny dans la question n'apparaît guère 1.

Surtout dans les débuts de son administration en Guienne, le

LAID Gr CAO CAT précis des moyens qui doivent servir au mémoire du sieur Lieutenant criminel en Güuienne concernant l'établissement projeté des Commissaires de quartier à la ville de Bordeaux, »

marquis se lient sur la réserve. S'il intérvient, c'est généralement dans les campagnes ou dans les moindres localités qui n'ont pas de juges de police, et dans les faubourgs des villes, où la police laisse toujours beaucoup à désirer. ;

Dès le 19 octobre 1743, il cite par-devant lui un fermier de Villefranche, dont l'expulsion est demandée par les curés, vicaires, maire, consuls, jurats et habitants !. En 1744, il rend une ordonnance contre deux meuniers des environs de Marmande qui empéchent le public de circuler sur la route de leurs moulins 2 Aux portes de Bordeaux, le faubourg Saint-Seurin est encore de son ressort. Un scandale à troublé la paix de ce faubourg. Le sieur Laborde a enlevé une jeune fille aux Catherinettes. Tourny le cite à l'intendance. Laborde ne se rend pas. L’intendant envoie un cavalier dela maréchaussée s'établir au domicile du délinquant. Le cavalier ne trouve personne. Laborde est parti pour sa propriété de La Brède en douce compagnie. Le marquis envoie le cavalier à La Brède *.

Dans les grandes villes, l’intendant ne semble disposé à intervenir en matière de police que dans les cas relevant nellement de ‘sa juridiction. C’est ainsi qu’en 1746, en vertu de l'arrêt du Conseil du 4 décembre 1744, il sollicite l'expulsion d’un carme, aumônier du Château-Trompette, qui s'est rendu coupable envers les filles du commandant 4. Il attend bien plus tard pour rendre une ordonnance de police contre une femme habitant une paroisse de la juridiction d'Agen; et il ne prend aucune décision, à peu près vers la même époque, à propos d’une rixe survepue à Bordeaux entre des écoliers et des soldats, bien que l'arrêt du Conseil de 1744 lui donne tout pouvoir pour juger les militaires; il laisse aux jurats le soin de rétablir l’ordre. Il se contente, quant à lui, d'écrire

1. A. D., Gir., C 569. L'ordre de Tourny est ainsi Conçu: « Il est ordonné au nommé Dubroqua, sergent de la ville de Villefranche... de se rendre par devant nous, en notre hôtel, pour nous rendre compte de sa conduite, à peine de désobéissance. Fait à Bordeaux, le 19 octobre 1743. Aubert de Tourny. »

2. A. D., Gir., C 569, 5 avril 1744, ordonnance de Tourny rendue sur requête et consignée sur la leltre même du subdélégué de Marmande, qui signale le cas des deux meuniers.

3. B. M., Bordeaux, fonds Lamontagne, carton XV, pièces diverses, n°* 47 et 48,

4. À. D., Gir., C 2054, lettre de Tourny à d'Argenson, 12 juin 1746,

5, A, C., Agen, B B 77, ordonnance de Tourny du 9 août 1756,

au principal du collège de Guienne, pour le prier d'aller dans tou- Les les classes faire des remontrances à ses élèves, « de la part de l’Intendant ! ». f

Quel que soit le désir de Tourny de ne s'ingérer aucunement dans les polices locales, il y est amené, dans certains cas, pour des questions d'intérêt général auxquelles le Pouvoir central est le premier à le rendre attentif. Ainsi se définit la police de l'intendant : elle se place d'elle-même au-dessus des questions particulières qui reviennent de droit aux polices des localités.

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