‹ TournyChapitre 118 sur 494 · Bosredon, op. cit. p · texte numérisé non relu

Bosredon, op. cit. p

2. Voir à ce sujet la dépèche du 8 mai 1749, qui approuve les mesures prises. A. N., O1 508. Voir aussi les défenses intimées aux habitants d'Agen, A. C., Agen, FF 55, 14 février 1746. :

3. Touruy provoqua peut-être l'arrèl'du Conseil du 6 août 1750, qui enlevait aux Sauvetals la police des jeux, et les arrèts suivants qui confirmèrent les premiers, sans s arrèler aux requêtes des Sauvelats, Cf. :arrêts des 6 août 1750 et du 9 décembre 1750, A. N.,E 2301, et du 5 février 1751, A. N., E 2309.

écrivit en 1754 aux maire et consuls d'Agen, dont le zèle n'élait pas exemplaire : «Je suis informé, Messieurs, que vous ne tenez nullement la main à ce que la prohibilion contre les jeux de hasard s accentue dans la ville d'Agen. Je dois vous marquer làdessus beaucoup de mécontentéemert en vous recommandant d'agir avec une vigilance qui empêche la continuation d'un aussi grand mal. Sinon Je prononcerai d'ici contre les délinquants, sur la uotoriété publique qui les indique, les condamnations qu'ils mérilent !. »

Sans être réfrénée, la passion du jeu fut ainsi combattue. Pour ce qui est des moyens employés, l’intendant semble avoir eu moins de confiance dans la rigueur des lois que dans l'attrait d'autres dérivatilfs susceplibles de procurer du plaisir, sans causer de dommages.

Quand les chanoines de Saint-Seurin RÉnlioni. autoriser un sieur Avon à organiser des courses de taureaux sur un point du faubourg éloigné de la ville, le Conseil prit peur, à cause de la défiance assez nalurelle que lui inspirait la police des chanoines. 11 suspendit l’autorisalion, bien que l'aménagement du local fût déjà commencé. Tourny inlervint un peu plus tard pour que le Conseil se laissât fléchir, lorsque le sieur Avon eut consenti à faire choix d'un autre emplacement accessible à la police de la ville ?

= Lescourses de taureaux n'élaient d’ailleurs qu'un pis-aller, en fait de dérivatit. L'intendant, qui s'en rendait comple, ne négligea aucune occasion de convertir les Bordelais à la saine distraction du théâtre. Le marquis en élait un fervent, à une époque où le pape lui-même se gardait bien de condamner la comédie *. « Je vous ferais voir, Monsieur, écrivait Tourny à Saint-Florentin, à propos de sa Société de comédie bourgeoise, qu'il n y a peut-être pas de ville en France où il soit plus à propos que cet amusement s'introduise, soit pour détruire le jeu auquel on à ici tant de

2. Sur l'affaire Avon, voir les dépèches des 4 avril 1754, 21 avril 1754, 30 août 1754; :A. N°, 01510, et du 24 février 1759, A. N., 01511 ; voir aussi les arrêts du (onseil du 22 mars 1754, A. N., E 2337, et du 14 évier 1755, A. N., E 2347, le preniér interdisant, le second RAS Er les courses de taureaux.

3. Au sujet du jugement favorable exprimé parle pape, voir d'Argenson, Mémoires,

12 juin 1752.

penchants, soit pour mellre plus de mouvement dans les sociétés particulières et leur donner entre elles plus d'union, soit pour délourner les jeunes gens de pratiquer les filles de joie et les comédiennes, soit pour produire une certaine émulation de mieux parler, de mieux se tenir, de culliver sa mémoire, de contracter une noble hardiesse de se présenter en public, enfin de former l'esprit par une lecture réfléchie des bonnes pièces de théâtre L »

Ainsi, lout en exerçant ses fonctions d'inlendant de police, le marquis se laissail aller à son zèle d'éducateur. Ce zèle lui inspira l'idée non seulement d'organiser des Sociétés de comédie, mais encore de rendre à Bordeaux son opéra.

Quand Tourny arriva en Guienne, l'opéra élait désert, à cause de la misère générale sans doute et peut-être aussi en raison d'une cerlaine «tracasserie » que les jurats avaient faite au duc de Richelieu, gouverneur du Languedoc. Le duc avait formé le projel « de faire rouler un opéra de six mois en six mois entre Bordeaux et Toulouse. » Les jurals qui se croyaient les maîtres de l'opéra, comme propriétaires de la salle, eurent peur d'être supplantés par le-directeur, un nommé Hébrard, qui « viendrait de la main de M. le duc de Richelieu, trop puissant personnage ?. » = Devant le mauvais vouloir des jurats, le due se mit en rapport avec Tourny, dans l'intention d'arranger l'affaire, en passant par dessus le corps de ville. « De votre côté, Monsieur, écrivait-il au nouvel inlendant, vous devez maintenir l'autorité de votre place el ne pas laisser les jurats maitres d’une partie principale de la police de cette ville, qui doit vous appartenir. » Et d'ailleurs, poursuivail le duc, ne valait-il pas mieux mettre l'opéra en ferme qu'en régie? En le laissant à l'entreprise, la ville trouverait le moyen de s'épargner une dépense bien inutile ?.

Tourny se laissa convainére, tant il tenait à son opéra, et il se préoccupa d'amener à son idée, d'abord le contrôleur général, et ensuile les jurats eux-mêmes. Orry, déjà renseigné, prit les devants, en soutenant, auprès du marquis, la thèse du maréchal : il voulait lui aussi ménager les deniers de la ville. Bordeaux n'aurait un opéra que si les jurats-consentaient à s'en remettre à un entre-

1. A. D., Gir., C 916, lettre de Tourny à Saint-Florentin du 31 janvier 1752, 2. A. D., Gir., G 18, lettre de Tourny au contrôleur général du 13 septembre 1744. 3. À. D. G

Gir., © 1205, 12 août 1743, lettre du maréchal de Richelieu à Tourny.

preneur !. Le corps de ville songeail à faire |

a sourde oreille, mais l'intendant l’assiégea de ses

instances, Il fut enfin décidé que Bordeaux aurait l'opéra, d'octobre à fin tenant la scène pendant l’autre moitié de l’ succès dont il avait l'honneur, le m

mars, la comédie année. Dans la joie du

arquis, écrivant au contrôleur général, termine joyeusement sur ce vers d'Horace :.« Omne tulit punclum qui miseuil utile dulei 2. »

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