V. La Police des Livres
Ge qui précède montre qu'en tant qu'intendant de police, l’intendant de Bordeaux fut moins un policier qu'un éducateur 3. 1] n'aurail pas manqué de recommander la lecture comme la meilleure des distractions, s’il n'avait regardé certains livres comme de dangereux instruments de propagande. Il poursuivit les mauvais livres, Surtout quand ils lui furent signalés par le Pouvoir central.
Le chancelier avait depuis le xvi° siècle la Direction de l’Imprimerie et de la Librairie. Les inténdants gardaient sur l’une et l’autre le droit de police, et les corps de ville ou jurades n’en connaissaient point. La police des livres entrail dans le cadre de la police générale, naturellement réservée au Pouvoir central 4.
Sur des indications venues on ne sait d'où, l’intendant prit, le 11 février 1746, contre le libraire Jacques Merlin, des mesures exceplionnellement graves 5. Il commit son subdélégué de Sorlus, et l'un de ses principaux secrélaires, pour se lransporter le lendemain matin chez Merlin, avec le syndic des imprimeurs. Merlin s élait déjà rendu suspect par le droit qu'il s'était arrogé d'imprimer des gazelles, sans en avoir la permission. Comme on le Soupçonnait d'avoir confié à un sieur Mellinet, son voisin, le dépôt
1. A. D., Gir., C 18, 26 août 1743, lettré du contrôleur général à Tourny. -2. A. D., Gir., C 18, 13 septembre 1744, lettre de Tourny au contrôleur général. 3. Tel n’est pas l'avis de Grellet-Duinazeau, La Sociélé bordelaise sous Louis XV, . Bordeaux, 1897, p. 135. Pour lui, Tourny serait un policier par nature. Pour nous, Tourny n'est pas pius un policier que l’auteur de La Sociélé bordelaise ne peut passer pour historien.