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II. — Les Collèges royaux et l'Enseignement des Jésuites

La même tendance de confier l'enseignement à des congréganistes s'observail dans les élablissements scolaires du second degré, les collèges royaux, où l'on enseignait, en plus du catéchisme et de l'Écriture Sainte, les principes de l'histoire, de l'histoire sainte s'entend, et encore la Fable, c'est-à-dire Ja mythologie, le lalin avec la métrique, parfois même la théologie, la logique, la rhétorique, la physique, les mathématiques, le dessin 4. On trouvait ces collèges dans les principaux centres, à Nérac, à Sainte-Foy, à Libourne, à Bordeaux. L'enseignement était donné par des régents à Libourne, par des récollets à Sainte- Foy, par des doctrinaires à Nérac. D'autres collèges, qu'on n'appelait point collèges royaux, appartenaient aux Pères Jésuites : 11 y en avait notamment à Périgueux et à Bordeaux.

Parmi les diverses congrégations, ce sont les Jésuites,

1. Cf. correspondance entre Tourny et Bellet, subdélégué de Sainte-Foy, avec les ordonnances rendues par Tourny, A. D., Gir., documents non classés, 1745 à

3. Pour Bordeaux, voir A. Donis, Historique de l'enseignement primaire publie à Bordeaux, Bordeaux, 1913, p. 35, sqq. — pour Blaye, voir Bellemer, Hisloire de Blaye, p. 349, — pour Tonneins, consuller A. C., Tonneins-dessus, BB 7: délibération de Jurade des ?1 juillet et 1° septembre 1748.

4. À. D., Gir., ( 1040, documents relatifs au collège de Nérac,

surtout, que l’intendant prit sur lui de favoriser. Il n'était pas leur ennemi ; et il était peut-être leur ancien élève. Certain révérend père le remerciait un jour des services qu'il avait rendus à l'Ordre 1. Tourny assistait volontiers aux « plaidoyers » que lui dédiaient les meilleurs élèves des Jésuites de Bordeaux, et lui-même y invilail aussi bien les jurats et les parlementaires 2. D'autre part, l’enseignement des Jésuiles semblait être alors le meilleur : depuis Henri IV, il s'était fait admettre, par ses succès, dans tout le monde catholique, et même dans certains pays protestants 3. Comme les parents n'étaient guère salisfaits ni des doctrinaires 4 ni des régents, Tourny s'empressa de recommander les Jésuites aux Libournais, quand ils furent en peine pour leur collège.

Dès 1723, les Jésuites avaient demandé l'autorisation de s’installer à Libourne : une assemblée générale des habitants décida de les accueillir, mais cet avis fut combattu par le clergé séculier et aussi par cerlaines congrégations religieuses, comme les cordeliers et les récollets. Le roi passa outre en 1725: des lettres patentes furent alors accordées aux Jésuites et ils envoyèrent à Libourne deux de leurs pères 5. Il n’était pas encore question d’un élablissement scolaire. On en parla quand mourut, le 4 décembre K743, le principal du collège royal de Libourne. Certain père jésuite proposa alors de réorganiser le collège sur un plan nouveau.

Le collège réorganisé devrait servir à préparer les élèves qui viendraient achever leurs classes à Bordeaux. Il pourrait ne comprendre que les basses classes avec un personnel de cinq régents. Même, en s’accommodant de l’état de choses existant, on pourrait se borner à donner le principalat vacant à un père jésuite qui dirigerait les régents laïcs en exercice : il mettrait dans les études l'ordre qui faisait défaut ; il organiserait, pour stimuler les enfants, des exercices publics de littérature f.

1. A. D., Gir., C 938, lettre du père Férussan du 1‘ mai 1744.

2. A. C., Bordeaux, BB, délibérations des 26 et 27 août 17952.

3. Cf. Lavisse, Histoire de France, t. vi-u, liv. I, ch. V, p. 97.

4. Dans sa lettre du 10 novembre 1751, A. D., Gir., C 1040, Saint-Florentin informe notamment Tourny que les gens de Nérac sont mécontents de leurs doctrinaires et demandent leur remplacement.

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