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Guinodie, Histoire de Libourne, t. I, p

6. A. D., Gir., C 938, 16 mars 1741, mémoire exact et secret de tout ce qui peut contribuer à l'établissement d'un collège à Libourne. Le père Faucher prévoit bien quelques dépenses, parce que «les Muses, pour être de bonne humeur, veu-

Ces idées étaient intéressantes. Tourny s'y attacha et s'empressa d'écrire à ce sujet aux maire et consuls de Libourne, quand il fut appelé à régler la succession du principal : «J'ai pensé, dit-il, devoir différer la décision pour donner le temps aux différentes parties de réfléchir à l'avantage qu'un collège régi par les Jésuites doit avoir sur l'avantage de quelques régents souvent ni instruits, ni d'accord |. »

Tourny croyait bien que les gens de Libourne se rendraient d'emblée à ses arguments. Quelle ne fut pas sa surprise de les voir différer leur réponse. Le corps de ville, dans l'intention de gagner du temps, demanda de surseoir jusqu'après les vendanges ; puis il pensa pouvoir épiloguer sur la constitution de l'assemblée qui serait appelée à prononcer sur la question ?. Dans la leltre qu'il écrit le 7 décembre 1744, l’intendant donne l'impression d'avoir perdu patience. Après avoir décidé que l'assemblée à convoquer devait comprendre, en plus de la Jurade el du Conseil politique, « la plus saine partie du reste de la communauté, entre autres, les officiers du présidial, les notables bourgeois, les bons négociants et autres. », il laisse entendre qu'il supporterait mal-un refus, et il conclut sur un geste de menace : « Je serai très surpris si, après la façon dont je vous ai écrit, de laquelle il résulte assez évidemment que le bien de la ville est que le collège passe entre les mains des Jésuites, l'avis contraire prévalüt. Il faudrait pour cela que quelque parti, plus attaché à ses sentiments particuliers qu'au vérilable intérêt des habitants, entrainât les autres, et alors je ne sais si Je ne me trouverais pas obligé de faire intervenir l'autorité pour faire son bien, sans égard à sa délibération ?. »

En dépit de toutes ces suggestions, l'assemblée générale, convo-

lent être un peu dans l'aisance », mais il est prêt à envisager tous les accommodements, pourvu qu'un jésuite au moins soit installé dans la place, -avec le rang de principal. Avec cela, il a l'air d'affecter pour lui-même, et pour son ordre, le détachement le plus entier, et il conclut sur ces mots, bien trouvés pour plaire à Tourny : « ce sera le monument éternel de votre amour pour les lettres et de votre eu actif pour les précieux intérèts du publie. » . Lettre de Tourny trancrite dans un registre de délibérations de jurade.

A. de Libourne, BB 93.

2? Le registre BB 23, aux Archives de Libourne, contient la plupart des documents à consulter, pour la suite de l'affaire, correspondance et délibérations.

3. A: C., Libourne, BB 23, 7 décembre 1744, lettre de Tourny transcrite dans le registre de délibérations.

quée pour le 14 décembre, se prononça contre toute innovation. Non seulement cette résolution s’affirma dans deux pages cou- - vertes de signatures, à la fin du procès-verbal, mais encore elle S'appuya d’une délibération particulière aux officiers du présidial !, et d’une autre qui fut prise séparément aussi par les curés et autres prébendés des paroisses ?.

Ce fut à Tourny de s’avouer vaincu. L'échec de son entreprise ne l’'empêcha pas d'ailleurs de continuer de s'intéresser au collège de Libourne, laïque, tel qu’il demeura en dépit de ses projets. Il confirma la nomination de nouveaux régents lalinistes, et il accueillit favorablement la requête du sieur Duval qui insistait encore pour devenir régent principal. « J'avais des raisons pour l'empêcher, écrivail-il, mes vues étant alors de donner au collège de Libourne une forme plus avant. Cela ne s’est point suivi, au moyen de quoi si la jurade trouve à propos de faire pour le sieur Duval ce qu'il demande et qu’elle reconnaisse en lui les qualités propres à se bien acquitter de la place, je ne mets plus d’obsiacle à ce qu'il soit nommé * ».

IIL — Les Écoles d’Application.

Nous n'avons pas eu à noter jusqu'ici les initiatives particulières que lintendant aurait pu prendre pour la ville de Bordeaux. Dans cette ville, le contrôle et l'administration des écoles appartepaient surtout aux jurats. Tourny intervint cependant, non pas pour réorganiser le collège ou les petites écoles, non pas même pour donner plus de vie aux Facultés 4, mais pour aider la com-

1. A. C., Libourne, BB 23, 21 décembre 1744, enregistrement de la délibération des officiers du présidial.

2. A. C., Libourne BB 23, 31 décembre 1744. Deux prêtres viennent rendre compte à la Jurade de la délibération prise par le clergé.

3. A.(:., Libourne, BB %5, 23 décembre 1749, enregistrement d'une lettre de Tourny datée du 20 décembre. Entre temps l'intendant avait donné son autorisation à la nomination de deux régents latinistes, A. C., BB 23, 1e avril 1745. — et À. C., BB %5, 14 novembre 1749.

4. En ce qui concerne les Facultés de Bordeaux. il est question, du temps de Tourny, de la nomination d'un sieur Boisson à une chaire de la Faculté des Arts, et de l'ouverture d’un concours à la Faculté de Médecine, pour le remplacement d'un professeur du nom de Seris. Par l'arrêt du (‘onseii du 22 février 1754, A. N., E 2337, Boisson est nommé d'office par dérogation aux règlements « portant que

munaulé bordelaise à se doter, à l'exemple de Paris, de certains

autres établissements utiles, véritables écoles d'application. Depuis 1676, il existait à Bordeaux une académie de peinture

et de sculpture. Cette instilution s'était ruinée, faute d'élèves, et

peut-être aussi faute de maîtres !. Une école de dessin lui succéda

en 1744, après qu'eut été créée à Paris, sous les auspices de l'Académie royale d'architecture, une école dite d'architecture, placée sous la direction d'un architecte nommé Blondel ?. Faut-il établir üune corrélation quelconque entre cette création et la fondation de l'École de dessin qui eut lieu à Bordeaux l’année suivante ? La délibération de Jurade du 9 septembre 1744 n’en fait pas mention ; on y voit seulement que le sieur Bazemont, peintre ordinaire de la ville, avait spontanément offert aux jurats de doter Bordeaux d'une école de dessin; le corps de ville se serait empressé d’accueillir cette proposition, sous la réserve que l'intendant voulût bien l’admettre #.

Aucun document émanant directement de Tourny ne permet d'établir d'une façon précise la part qu'il prit dans l'établissement de l’école en question. Tout porte à penser cependant que cette part fut grande. On peut en juger d'après certains mémoires de Bazemont où, prenant l’intendant à témoin du succès de son école, il le remerciait aussi de la visite dont il l'avait honoré, ainsi que des gratifications qu'il lui avait fait accorder #.

Le sieur Bazemont organisa l’école « à ses frais et gratis » à raison de deux cours de 2 heures par semaine5. Au début, les

les dites chaires ne pourront être obtenues que par la voie du Concours.» En exécution de ces mêmes règlements, et, en particulier, de l’édit de mars 1707, l'arrêt du Conseil du 18 octobre 1756, A N., E 2358, constitue, pour être membres du jury, dans le concours ouvert pour le remplacement de Seris, l’autre professeur de la Faculté de Médecine et les six docteurs en médecine les plus anciens de ceux de Bordeaux « non suspects et non récusables. » L'intendant semble s'être borné à faire exécuter les arrèts.

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