‹ TournyChapitre 134 sur 494 · VE TÉL NICT TARN APE · texte numérisé non relu

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dants de l’aider dans sa nouvelle entreprise. Il s'adressa en particulier à Tourny !.

L'intendant de Bordeaux devait recueillir toutes les pièces qui avaient eu cours dans le royaume avant Louis XIV. Tourny prit l'affaire à cœur, adressa une circulaire à ses subdélégués, avec ordre de se faire céder, voire même d'acheter au pair, toutes les pièces françaises anciennes ?. Les subdélégués n’aboutirent guère dans leurs recherches. C’est à peine si Faget de Cazaux envoya la description de trois pièces, si Du Boffrand de Nontron expédia une petite pièce d'argent d'Henri II qu'il avait payée 30 sols, si le subdélégué de Nérac fit parvenir, de la part de M. de Trenqualéon, deux pièces d'or, l'une de Louis XIII et l'autre de Louis XI V ?. Le résultat n’était guère brillant, et le contrôleur général ne put s empêcher d'en faire la remarque. Il écrivit de nouveau à Tourny : « Vous m'obligerez sensiblement, si vous voulez bien ne rien négliger par vous, par vos amis, et par toutes les personnes qui vous sont subordonnées, pour faire en sorte de m'en procurer {. » L'intendant, un peu confus, se remit en quête; il rendit responsable de son insuccès le peu de curiosité dont témoignaient ses administrés pour les objets anciens ÿ. Dans la suite, il lia parti avec un collectionneur, mais il n’en obtint que quatre pièces, l’une datant du roi Jean, une autre de Charles VIIT, la troisième frappée à Bordeaux à une époque indéterminée, et la quatrième qui n’était qu'un jeton vulgaire. De l’ensemble, le contrôleur général ne donna que 4 sous et 6 deniers f.

À la suite du Pouvoir central, ou peut-être entraîné par son goût personnel, l’intendant se préoccupa d’autres recherches. On a dit qu'il avait donné des ordres pour l'établissement d'une carte archéologique de son département, avec l'indication de toutes les localités où l’on trouverait des ruines, des médailles ou des vases

1. A. D., Gir., C 2409, 2? juillet 1752, lettre de Machault à Tourny.

2. A. D., Gir., C 2409, 12 septembre 1752, lettre de Tourny à ses subdélégués, minute de sa main.

3. A. D., Gir., C 2409, réponses des subdélégués à l'intendant de Bordeaux.

4. A. D., Gir., C 2409, 11 novembre 1752, lettre de Machault à Tourny.

5. A. D., Gir., C 2409, 20 novembre 1752, lettre de Tourny à Machault. Nous avons le devoir de dire que l’intendant n'était pas, lui non plus, doublé d'un numismate,

6, A. D., Gir., C 2409, 3 mars 1753, lettre de Machault à Tourny.

antiques !. Celle affirmation nous parait assez aventureuse, étant donné l'échec complet de Tourny dans la récolte des vieilles monnaies. L'entreprise scientifique dans laquelle l'intendant réussit le mieux fut, sans doute, celle de son jardin botanique. Bordeaux avait un cours de botanique depuis 1629 et un jardin des plantes depuis 1726 ?. Tourny établit le jardin dans un emplacement nouveau et l’enrichit d'un grand nombre de sujets provenant surtout

d'Amérique *.

Sans être un savant, ni un érudit, ni un collectionneur — son admirable zèle d'administrateur l'empêchait de s’enfermer, sans agir, dans une tour d'ivoire — l'intendant de Bordeaux ne voulait pas rester étranger au mouvement artistique, liltéraire et scientifique de sa province ; son plus ardent désir était de se mettre au contraire à la tête de ce mouvement. Il était loin d'être un profane en fait d'art ; il entendait aussi bien que personne le métier d'architecte ; il avait par ailleurs une culture très suffisante pour un homme de son rang; el, comme il était intendant, il ne lui fut pas difficile de se faire admettre à l’Académie de Bordeaux.

L'Académie des Belles-Léttres, Sciences et Arts de Bordeaux était alors une instilution toute récente, puisqu'elle avait été établie en vertu de lettres patentes datées de septembre 1712 et enregistrées le 3 mai de l’année suivante en la Cour du Parlement de Bordeaux #. Elle trouvait dans la vigueur de sa jeunesse la promesse d’une brillante destinée. Elle s'’honorait de compter, parmi ses tout premiers membres, au moins un ‘homme illustre, en la personne de Montesquieu. Elle dépensait enfin son activité de la plus heureuse manière, en allant au public, en organisant des concours et en décernant des prix. Les Académiciens se réunissaient

1. Le bullelin de la Sociélé archéologique de Bordeaux, t. VII, 1880, p. 69, renvoie, pour ce sujet, à une note du bullelin polymathique de l'instruction publique de Bordeaux, 1803, p. 69. ;

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