‹ TournyChapitre 141 sur 494 · I. — La Milice · texte numérisé non relu

I. — La Milice

Marie de Saint-Georges fait honneur à Tourny d'un certain nombre d'innovations heureuses qu'il aurait appliquées au système de la milice, en vue d'y mettre plus d'ordre et plus d'économie. Le tirage au sort aurait eu lieu les jours fériés seulement, pour éviter toute interruption dans les travaux de la campagne. D'avance, les syndics des paroisses auraient réparti les jeunes gens en trois classes, celle des exempts notoires, celle des exempts douteux, celle des non exempts. Un chevalier de Saint-Louis, ou à défaut un gentilhomme, qu'il fût ou non subdélégué, aurait élé chargé de faire tirer au sort les jeunes gens de la troisième classe. «M. de Tourny, écrit Marie de Saint-Georges, était persuadé que la pré-

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sence d'un militaire, blanchi sous les drapeaux, enlèverait aux milices cette répugnance si opposée à la bravoure naturelle des Français. » Et il ajoute, comme preuve de ce qu’il avance : « C'était pour essayer ce plan que M:de Tourny avait fait choix, à Bordeaux même, d'un subdélégué chevalier de Saint-Louis !. »

Il est fort probable que Marie de Saint-Georges a pensé pour Tourny, cette fois entre autres, un peu comme Dupont de Nemours a fait passer sous le nom de Turgot un certain nombre de ses propres idées. On trouve bien que la convocation des jeunes gens appelés à servir fut fixée au dimanche dans un cas particulier, mais, le plus souvent, ce sont des jours de la semaine qui sont indiqués pour cette opération ?. D'autre part, les chevaliers de Saint- Louis ne semblent pas avoir été appelés à remplacer les subdélégués au tirage au sort; comme par le passé, les subdélégués y président *. Enfin la répartition des jeunes gens en trois classes n'est pas mentionnée davantage. Marie de Saint-Georges a pris de simples vœux pour des réalités, à moins qu'il n'ait imaginé le tout, comme il imagine que Tourny choisit Thomas de Sorlus pour subdélégué, parce qu'il était chevalier de Saint-Louis. En fait, Thomas de Sorlus exerçait déjà sous Boucher, bien avant l’arrivée du marquis.

Les mesures que prend Tourny, au lendemain de son arrivée, ence qui concerne la milice n'ont rien d’absolument original. Il se borne à appliquer les plus récentes ordonnances, notamment celle du 30 octobre 1742, et celle du 10 juillet 1743 4. En exécution

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