Cf. A. D., Gir., C 2411, documents de mai et Juin
Les communautés ontà pourvoirles troupes d'unlogement,debois, de lits, de linge, de chevaux, de voitures, elec... L'intendantestappelé à exercer sa surveillance pour que les troupes ne manquent de rien.
Le.service des Élapes fonctionne sous son contrôle. En 1746, il fait procéder à l'adjudicalion lant de bouche que de fourrages « destinés aux régiments qui passeront l'année suivante dans la généralité 1. » Deux ans plus lard, il prend deux ordonnances, l’une interdisant aux habitants des lieux d'étapes d'aller au-devant des convois de troupes ?, l'autre aulorisant les étapiers à subsliluer, dans la ralion des chevaux, le seigle à l’avoine *.
La voilure des troupes doit être à la charge des communautés. Tourny demande aux paroisses des élats exacts de leurs bœufs el de leurs chevaux, et il les commande à tour de rôle pour le transport des équipages des troupes {. Les mailres des bœufs et des chevaux sont tenus de supporter celte corvée el ils doivent se contenter de la rétribulion que les officiers veulent bien leur verser *. Ils ont la même obligation, ‘si, en leur qualité de bourgeois, ils ont à loger les troupes f. |
Pour le logement des soïdals, les communaulés peuvent ou bien les répartir entre les habitants, ou bien leur attribuer un certain nombre de maisons vides où ils sont comme casernés. Le logement chez l'habitant est imposé par l'intendant dans le cas des dragonnades. Le logement en caserne est mieux agréé des communautés. Certaines villes, comme Périgueux, ont des casernes permanentes, el des magasins de fourrages el d'armement ; l'intendant se préoccupe de les faire agrandir, ou, s'il y a lieu, de les faire
1. A. C., Sainte-Foy, EE ?, 14 octobre 17146, ordonnance de Tourny concernant l'organisalion des étapes. La ration pré\ue pour le fantassin est de 24 onces de pain cuit et rassis, entre bis et blanc, 1 pinte de vin, mesure de Paris, et du cru du lieu, 1 livre de viande, bœuf, veau ou mouton, au choix de létapier. La ration - prévue pour le cheval est de 20 livres de foin, 1 boisseau davoine, mesure de Paris.
4. À. D., Gir., G 390, 24 juillet 1754, lettre de Tourny à son subdélégué Bellet.
>. Les instructions verbales de Tourny au maire de Libourne sont consignées dans le registre de délibérations, A. C., Libourne, BB ?5, 8 janvier 1748.
6. Certains bourgeois de Périgueux, astreints au logement des troupes, prétendaient qu'ils n'avaient pas à fournir, pour le transport des équipages des troupes, les beufs de leurs biens de campagne; Tourny répondit que les bœufs de tousles bourgeois sans distinction étaient sujets à ces corvées. À C., Périgueux, BB 37, délibération du 29 avril 1754.
construire ; mais il se concerle avec la commune, parce que. les frais sont à la charge des particuliers !.
Sur ce qui doit être fourni aux soldats el aux officiers, en fail de mobilier, de draps, de bois, etc... l'intendant donne des ordres généraux que ses subdélégués transmettent aux communautés, à moins qu'il ne les fasse parvenir directement lui-même. Les communautés sont prévenues qu'elles recevront, à lel Jour, tant de compagnies de tel régiment et elles savent en même temps ce qu'elles ont à leur fournir. Si elles négligent de suivre les instruclions reçues, elles s'exposent à supporter les dépenses auxquelles le logement et l'entretien des troupes pourront éventuellement donner lieu. Tourny écrit au premier consul de Damazan, au sujet des habitants qui s’en vont à la campagne pour se soustraire au logement des troupes : « Ils se mettent dans le cas d'être obligés de payer au cabaret le logement des officiers ou soldats qui
leur étaient destinés ?. »
Quand les paroisses sont trop pauvres, par exemple Miramont, l'intendant les autorise à demander à leurs voisines une partie du mobilier, des draps ou du bois 3.
Lés exemplions complètes de logement ou de fournitures sont difficiles à obtenir tant pour les simples particuliers que pour les communautés. Tourny lémoigne sa mauvaise humeur quand les villes se plaignent 4. Quand ce sont les particuliers, s’il ne les menace pas de leur envoyer six soldats au lieu d’un, comme fit l’un de ses prédécesseurs 5, il leur marchande durement l’exemption qu'ils sollicitent, à moins de cas exceptionnels, tel que celui d’une pauvre démente âgée de 94 ans 5, ou à moins de molifs particuliers
1. A. C., Libourne, BB 27, 15 juillet 1752, lettre de Tourny. Voir aussi, A. C. Périgueux, BB 31, 2 juin 1752.
2. A. D., Gir., C 726, 25 septembre 1752, copie lettre de Tourny au premier: consul de Damazan.
3. À. D., Gir., C 574, 20 janvier 1755, lettre de Tourny. Pour les draps, on les compte à raison de 12 lits par compagnie et ils doivent être renouvelés tous les 15 jours.
4. Cf. lettre transcrite de Tourny, A. C., Libourne, B B 8, 17 juin 1756.
5. Voir, à ce sujet, une lettre de l'intendant Lamoignon de Courson, datée du 24 février 1719, citée par Guinodie, Histoire de Libourne, t. 11, p. 167.
6. A. C., Libourne, B B 27, 30 janvier 1754, ordonnance de Tourny transcrite dans le registre de délibérations.
que les subdélégués et les consuls des villes font quelquefois
valoir à tort ou à raison !,