À. D., Gir., G 2381, 2 janvier
administration ferme et polie 1. » Entre les abus à réprimer, les excès d'indépendance à corriger, et, d'autre part, les droits à garantir et les secours à procurer, l’intendant établit judicieusement toutes les distinctions utiles.
La tradition de Colbert et d'Orry, qui lui était chère, ne l’empéchait pas d’être partisan de la liberté du commerce, ni d'accorder sa protection aux commerçants. Colbert avait dit : «Tout ce qui tend à restreindre la liberté et le nombre des marchands ne vaut rien ?. » Et voict la règle qu'il s'était fixée : « Recevoir tous les marchands. avec des marques particulières de protection et de bonne volonté.…; les assister en toutes choses; les entendre quelquefois dans le Conseil de Sa Majesté 3.» Dès le début, Tourny adopta la même ligne de conduite.
Au lendemain même de son arrivée, et par la suite en bien d’autres occasions, l’intendant promit sa protection au Commerce, en ajoutant tantôt qu'il était bien aise de lui prêter son concours 4, tantôt même qu'il y était porté d’inclination 5, ce qui n’était pas dans sa bouche une expression trop forte.
Quant au principe de la liberté du négoce, il ne se fit pas faute non plus de le proclamer et de le soutenir, quand les circonstances se présentèrent. « En général, écrit-1il le 17 avril 1752, je pense que plus on peut donner de liberté au commerce... mieux on fait6. » La liberté, mère de la concurrence, l’est aussi de l’émulation ?, et c’est elle qui assure l’abondance des marchés.
Le marquis ne fut pas arrêté par la contradiction apparente que l’on trouve dans le double vœu du Commerce, liberté el protection. La contradiction qui éclate dans les termes ne subsiste plus dans les faits. La liberté, au sens absolu, ne saurait admettre de tutelle; mais les libertés particulières ont besoin de l'intervention du législateur et de l’administrateur, pour se faire admettre et pour s'exercer. Les Bordelais cherchaient un dieu tutélaire qui se chargerait d’exaucer tous leurs vœux. Ils le trouvèrent dans