‹ TournyChapitre 224 sur 494 · Th. Malvezin, Histoire des Juifs à Bordeaux, p · texte numérisé non relu

Th. Malvezin, Histoire des Juifs à Bordeaux, p

5. Voir, à ce Sujet, la délibération de la Chambre de commerce, en date du 5 mars

‘1744, A D., Gir., C 4254. Cf. Francisque Michel, Histoire du Commerre et de la Navigation à Bordeaux, L. 11, p. 440, |

Kkasser » le vin consacré des Juifs. Le raisin devait

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et ses enfants et autres Juifs avignonais, tudesques où allemands» devaient quitter Bordeaux sans délai 1,

Pas plus que du temps de Boucher, l'ordonnance d’expulsion ne fut appliquée. Les juifs ne partirent pas, ou s'ils quittèrent la ville, ce fut pour y revenir quelques jours plus tard. « [ls revinrent d’abord, écrivait l’intendant, comme en passant, e£ après différents séjours entrecoupés, dont ils allongèrent de plus en plus les derniers », ils finirent par reprendre une habitation et ils se contentèrent de changer de mélier ?.

En même temps, les principaux des Avignonais assaillatent les autorités de pressantes requêtes. Ils ne pouvaient pas, disaientils, quitter la ville. Nathan Astruc el Moyse Lange avaient à toucher des billets à 9 mois d'échéance; comme ils avaient aussi des engagements à tenir, il leur fallait un an de délai. Jacob Perpienan ébait le père de 7 enfants tout petits et sa femme était folle; il s’en remettait pour la fixation du délai à la clémence de Sa Grandeur l’Intendant. Jacob et Emmanuel Dalpuget avaient d’autres bonnes raisons et les protecteurs les plus haut placés *.

Le 30 août 1748, Saint-Florentin transmit à Tourny leur requête. Grâce à une faveur particulière d’Orry, ils n'avaient pas été compris dans l'arrêt d'expulsion de 1734. Ils demandaient à pouvoir ne pas quitter Bordeaux; ils réclamaient en outre et pour « leurs 2 familles seulement » des lettres patentes semblables à celles qui avaient été décernées aux Portugais en 1723 4.

L'intendant transmit leur requête aux jurats et à la Chambre de commerce. Les jurats commencèrent par répondre à côté ?, en renvoyant les suppliants à se pourvoir devant Sa Majesté. Les directeurs du commerce firent une réponse plus claire : les Dalpuget pourraient être tolérés, si au lieu de reprendre leur ancien commerce de soieries et de draperies, ils se consacraient tout à fait au commerce maritime «avec la même candeur, probité et légalité que le gros des négociants a remarquées 6, » Là-dessus,

G. Cirot, Les Juifs à Bordeaux, dans la Revue historique de Bordeaux, 1916, p. 24. G. Cirot, Les Juifs à Bordeaux, dans la Revue historique de Bordeaux, 1916, p. 32. G. Cirot, Les Juifs à Bordeaux, dans la Revue historique de Bordeaux, 1916, p. 24. Cf. la dépêche ministérielle adressée à Tourny, le 30 août 1748, A. N., O1 508. Voir la lettre de Tourny du 3 février 1749, A. D., Gir., C 3662.

À, D., Gir., CG 4255, 11 février 1749, délibération de la Chambre de commerce.

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Tourny écrivit Jui-même à Saint-Florentin pour lui exprimer son Opinion personnelle : il se portait garant de l’honnêteté: des Dalpuget, et il regrettait, qu’au lieu de donner aux Portugais une permission générale, dont certains se montraient indignes, on ne se füt pas borné à octroyer des permissions particulières eau fur et à mesure que ceux qui se seraient présentés auraient été Jugés le mériter, comme aujourd’hui les Dalpugel. » Quant à la restriction dont parlait la Chambre de commerce, on ne pouvait la maintenir; les motifs qu’elle avait de l’introduire n'étaient même pas très avouables. «La proposition d’une semblable restriction, écrit Tourny, me parait ne dévoir être attribuée qu'à la complaisance qu’a eue cette Chambre pour les marchands de draperie ou soierie, avec qui plusieurs de ses membres sont liés d'amitié, de parenté, ou d'intérêt, sans que cette restriction soit Jondée ni en raison, ni en justice. Les Dalpuget une fois admis à vendre, commercer et posséder ne doivent point être gênés plutôt sur des parties de commerce que sur d’autres, d’abord qu'elles sont dans l’ordre des choses permises 1... »

Le roi donna raison à la Chambre, contre l’intendant et les Dalpuget? . Ceux-ci néanmoins ne se tinrent pas pour battus et l’intendant revint à la charge. [l remerciait le Conseil, mais il se permettait d'interpréter sa décision : on ne pouvait priver les Dalpuget de la liberté qu’avaient tous les juifs de vendre des draps et des soies dans les foires, et on pouvait difficilement leur interdire d'en envoyer au delà des mers. D'après Tourny la défense devait s'appliquer seulement à la vente en dehors du temps des foires 3. Saint-Florentin le suivit dans cette interprétation. « Vous avez très bien jugé, lui écrivit-il, que les nommés Dalpuget trouvaient, dans le brevet du 22 avril dernier qui leur a été accordé, des prohibitions qui n’y sont pas 4. »

Les Dalpuget avaient gain de cause, mais ils ne se déclarèrent

AT DCR 1092, 8 mars 1749, lettre de Tourny à Saint-Florentin.

2. On en trouve la preuve dans une dépêche ministérielle adressée à Tourny, le 22 avril 1749, A. N:, O1 508, et dans une lettre de Saint-Florentin datée du lendemain, À. D., Gir., C 1092.

3. Cf. la minute autographe de la réponse de Tourny, datée du 12 mai 749 PASS Gir., C 1092.

4. À. D., Gir., C 1092 et C 3662, 12 juin 1749, lettres de Saint-Florentin à Tourny, el dépêche ministérielle du même jour, É

pas satisfaits : il leur fallait un magasin à Bordeaux pour pouvoir préparer leurs expéditions 1. L’intendant transmit la requête: Saint-Florentin fut encore favorable. Tourny emboîta le pas.

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