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IV. Se Retour à la Culture du Tabac

Le retour à la culture du Labac s’imposait encore, pour ‘assurer la prospérité agricole de la région.

Le tabac était cultivé en Guienne avec le plus grand succès avant 1720. À cette époque, les fermiers généraux, qui jouissaient d’un privilège exclusif pour l'importation des tabacs de Virginie, ne craignirent pas de ruiner la production française. Ils obtinrent que la culture du tabac ne fût plus autorisée en France. Les marchands, qui avaient acheté tous les tabacs de la dernière récolte aux prix les plus modiques, furent censés avoir été avertis par avance de l’interdiction de culture, et s'être ne de l'ignorance des cultivateurs pour faire des gains plus qu'usuraires. Le Conseil, ému de la situation faite aux cultivateurs, leur accorda une indemnité à prélever sur les bénéfices des marchands. Ce fut ce qu'on appela « l'indemnité des tabacs. » Les marchands consignèrent des billets entre les mains de quelques particuliers chargés de la répartition. Les billets ayant. été convertis ensuite en un contrat de liquidation, la rente ayant été établie sur les tailles, et cette rente ayant subi elle-même des réductions diverses, il devint presque impossible de procéder à une répartition éxacte ?

A l’époque de Tourny, le règlement de comptes n’était pas encore intervenu. Pour le provoquer, l’intendant prit les ordonnances des 30 août et 4 septembre 1746%. Il demanda aux dépositaires,

1. Marie de Saint-Georges, Essai historique sur l'administration du marquis de Tourny, p. 14. Dans son Histoire de la ville d'Aiguillon, p. 331, l'abbé Alis dit au sujet du chanvre de la Garonne et du Lot : « Dans certaines années, on l’a vu suflire à la consommation des ports de Brest, Rochefort et Bordeaux, et suppléer ainsi au chanvre de l'étranger, auquel il est infiniment supérieur. Cette supériorité est due aux eaux de la Garonne et du Lot qui sont les grandes rivières du pays. »

2. Sur-cette affaire, voir Marie de Saint-Georges, 0p. cil., p. 20; G. Bussière, qui rend justice à Tourny sur la question des tabacs dans son riabe déjà cité, p. 134; et plus encore un mémoire Sans date, sur l'indemnité des tabacs, daté du 22 octobre 1749 ND I Cin,2C5969:

3. Ces Srdérnanées sont conservées aux Archives de la Gironde, dans la liasse C 969. Elles sont également transcrites dans les registres de délibérations de Clairac,

A. C., Clairac, t. 1v.

tant du capital que de la rente de rendre leurs comptes sur-lechamp, et il preserivit aux cultivateurs de se présenter pour être payés dans le délai d’un mois, « passé lequel temps, ils n’y seront plus reçus et les revenus tourneront au profit de la comniunauté 1»

Les cultivateurs ne s'étant pas présentés dans le délai prescrit, le montant de l’indemnité fut employé à l’exécution de travaux indispensables ?, solution qui était, à n’en pas douter, la plus conforme aux vœux du marquis.

Après celle opération préalable de liquidation financière, l’intendant crut pouvoir rendre à la Guienne la culture du tabac. Pour aboutir, Tourny fit l'impossible. Malgré les fermiers généraux, qui soutenaient toujours leur privilège exclusif par d’implacables saisies, il voulut donner aux paysans l’autorisation de replanter. Les deux entrepôts importants de Tonneins en Agenais et de Bugue en Périgord devaient être rouverts. Tourny proposa de soumettre les cultivateurs à des déclarations précises et à l'obligation stricte de ne vendre qu’aux fermiers du roi. Il acceptait encore de délimiter exactement la zone de culture.

Les contre-propositions des fermiers généraux l’obligèrent à abandonner l’entreprise. Quand ils parlèrent d'imposer aux planteurs leur juridiction particulière, Tourny refusa de les suivre. Les fermiers généraux continuèrent à faire venir de très loin le tabac, dont une partie au moins aurait pu être demandée à la production locale. La culture resta prohibée, mais la fraude se developpa ÿ.

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