Lauzun, Souvenirs du vieil Agen, p
2. À. D., Gir., C 1385, 18 novembre 1753, lettre de Santin à Tourny.
3. En leur annonçant l’ordonnance rendue contre eux, l’intendant écrivait aux consuls d'Agen: « J'ai été aussi fâché que surpris de voir de votre part autant de négligence ou de mauvaise volonté. Je.ne puis m'empêcher, pour vous obliger à opérer au plus tôt suivant ce que demande le bien du service en cette occasion, de rendre contre vous l’ordonnance que j’envoie à M. de Couloussac, qu’il vous fera aussitôt savoir. » A. D., Gir., C 1835, 17 avril 1754, copie de la lettre de Tourny, corrigée de sa main.
4. À. D., Gir., C 1835, 20 mai 1754, minute autographe de Tourny.
5. A. C., Agen, C C 445, 7 octobre 1755, arrêt du Conseil avec exécutoire de Tourny.
6. A. C., Agen, BB 78, 3 juillet 1756, délibération du Corps de ville.
7. Ces projets sont ceux de M. Cocula, architecte de la ville, qui a bien voulu nous offrir une reproduction de son plan. Son idée, qui paraît s’accorder tout à fait avec
Le changement d'itinéraire apporté par Tourny à la route Bordeaux-Limoges devait exercer la plus grande influence sur la restauration architecturale de Périgueux. La partie occidentale de la ville devait être mise en façade, dès lors que la route de Bordeaux et celle de Limoges s’y raccordaient.
En 1743, quelques travaux étaient commencés. Une petite promenade existait déjà sur la façade nord de la ville. La Jurade avait employé les pauvres à aménager les abords des portes principales, de la Limogeanne qui donnait accès à la route de Limoges, de Taillefer qui regardait vers Bordeaux, de l’Eguillerie qui avait la vue du côté d'Angoulême. Entre ces portes, et jusqu’à celle du Plantier, les chemins furent réparés et plantés de quelques arbres. D’autres travaux étaient projetés pour le pont et pour les quais, mais tous ces beaux projets s’évanouirent « par le malheur des temps et les horreurs de la guerre *. »
L'œuvre d'aménagement étaitinterrompue quand Tourny arriva. Avant qu'il eût mis Périgueux sur la route des Postes de Bordeaux à Limoges, son attention se porta surtout vers le nord-est de la cité, du côté des allées qu’on appelle de son nom, comme s'il voulait achever d’embellir ce côté de ville, rendu pittoresque par la vue sur la vallée de l'Isle, et par le voisinage des hauteurs de l'Arceau. Il pensa y établir une place destinée, comme le gravier d'Agen, à partager entre plusieurs portes le concours des piétons et des véhicules qui encombrait la porte Limogeanne. On travaillait à cette place dès 1745*, mais la ville de Périgueux ne semblait pas encore vouloir collaborer d’une façon intime avec l’intendant architecte. Les ormeaux nouvellement plantés aux allées de la place Tourny furent victimes en 1747 de fâcheux outrages®. Vers
le développement géographique de Périgueux, consiste à exploiter pour la construction d’édifices publies, comme la mairie, l'hôtel des postes et la Chambre de commerce le grand emplacement vacant de Sainte-Ursule. L’original en grand du plan ni M. Cocula se trouve à l'hôtel de ville, dans le cabinet du maire.
1. A. C., Périgueux, BB 16, f° 251, Registre dè ce qui s’est passé de plus remarquable à Périgueux jusqu'en 1743. Ce registre porte le titre de « Livre rouge ».
2. Comte Walgrin de Taillefer, maréchal des camps et armées du Roi, Antiquités de Vésone, cilé gauloise, remplacée par la ville actuelle de Périgueux, 1821, t. II, p. 638. Voir aussi A. D., Gir., G 1256, 10 mai 1746, contrat passé avec le sieur Chalimon entrepreneur.
3. A la suite d’un réquisitoire prononcé par le procureur syndic, le Corps de ville décida de rendre une ordonnance contre les coupables, A. C., Périgueux, BB 35 15 mars 1747, délibération. É
la fin de la guerre seulement, les principaux bourgeois se sentirent repris par la passion de construire, et encore n’avaient-ils en vue que la construction d'habitations particulières. L'intendant eut quelque peine à obtenir que les matériaux qui s’amassaient dans les rues et sur les places fussent transportés aux endroits où ils pouvaient être utilisés pour les travaux publies !, Quand il demanda à la ville de s'imposer pour se procurer les ressources nécessaires à la réfection du pont, il se heurta à de fermes remontrances ?.
La situation changea du tout au tout, dès que Périgueux se vit assuré de la route des Postes. Pour se convaincre de ce changement, il suffit de citer un extrait de la délibération du Corps de ville, à la date du 3 mars 1750. Il y est dit «que les avenues de la ville de Périgueux ayant été totalement et étant encore en partie impraticables, tant par les élévations qui existaient devant chaque porte de la ville que par la difficulté des chemins que la mauvaise situation d’un côtéet le débordement dela rivière de l’autre rendaient très difficiles. .;attendu que M. le marquis de Tourny, intendant de généralité, suivant ses vues toujours avantageuses au bien public, a eu la bonté de faire réparer partie de ses avenues, tracer et aligner de nouveaux chemins et particulièrement celui qui conduit de la ville de Limoges à celle de Bordeaux, en passant par les fossés de celle de Périgueux, et de lui destiner par ce moyen beaucoup de travaux à faire pour rendre ce chemin praticable et parfait, que pour faire ces réparations et ces alignements et rendre par là .les dehors de la ville plus commodes il à fallu acheter des jardins.….», la Communauté de Périgueux décide de s'imposer en augmentant les droits sur la viande et sur les vins®.
1. Ces faits sont relatés dans la délibération du Corps de ville du 12 août 1747, A. C., Périgueux, B B 35.
2. Les remontrances à l’intendant sont présentées par le Conseil public de Périgueux, convoqué par le Corps de ville. Elles sont décidées d’une commune voix. À. C:, Périgueux, B B 35, 30 juin 1748. .
3. A. C., Périgueux, B B 30, 3 mars 1750, délibération du Conseil public de Périgueux. Peu après, M. de Courteille reçoit de la ville de Périgueux une requête tendant à l'établissement d’un octroi sur la viande et le vin. Le 23 avril, la requête est transmise à Tourny, comme l’intendant lui-même nous l’apprend dans une lettre du 3 décembre 1750 à M. de Courteille, A. D., Gir., GC 959. Dans les derniers jours de décembre, un arrêt est rendu, en conformité de la requête des Périgourdins, et on le trouve transcrit dans les registres de délibération du Corps de ville, A. C., Périgueux, B:BS1, 15 décembre 1751. Le 9 janvier 1751, M. de Courteille informe Tourny de l'envoi
de l'arrêt, A..D,, Gir., C.1959,
Ce revirement du Corps de ville est remarquable, et un autre lui correspond dansle programme des travaux CONÇUS par l’'intendant. Tourny détourne un peu son attention de sa place e de l’Arceau pour s'occuper de la route >ordeaux-Limoges, le long des fossés de la facade ouest. C’est là que les plus grands travaux sont entrepris à partir de 1750, entre les portes de l'Eguillerie et de Taillefer, dans l’enclos des sieurs Puybertrand, chanoines, et ensuite entre les portes de l’Eguillerie et de la Limogeanne!. L’intendant sui l’entreprise de très près, eb c’est lui qui décide la direction et la largeur à donner au nouveau chemin ?.
Quand laménagement de la facade ouest est assez avancé, Tourny amorce un nouvel ouvrage, au cours du département de 1752. 11 projette d’embellir la façade sud «pour donner une communication convenable de la porte de Taïllefer à celle de Saint- Roch et pour former'ainsi le pendant aux allées du nord de la ville #» Il fait établir le devis, et le sieur Chalimon se rend adjudicataire pour la somme de 7000 livres. | - A la fin de 1752, le Tour de ville forme un immense chantier. On est en train de tailler dans les rochers le chemin de l’Arceau qui intrigue bien des personnes*. A la porte Taillefer et à la Limogeanne, on voit travailler, côte à côte, des indigents occupés aux déblais, des ouvriers de Chalimon employés aux,aqueducs, et des artisans du quartier qui se portent avec ardeur à dégager
eux-mêmes les rues les plus commerçantes des matériaux qui les
obstruent 5. De nouvelles brèches s'ouvrent sans cesse dans les murs, ce qui fait croire aux habitants qu’elles ne sont pas toujours accidentelles. «Le public dit, si l’on en croit le subdélégué, qu'il semble que ces accidents n'arrivent que pour fournir des matériaux
1. Renseignements trouvés dans la liasse C 1255, aux Archives de la Gironde, passim.
2. Voir, à ce sujet, la consultation demandée à Tourny dont il a été question, A. D., Gir., C 1254, 22 mars 1752: ;
3. A. C., Périgueux, B B 37, 22 août 1792, délibération du Corps de ville, où l'action directe de Tourny apparaît encore, On lit dans le procès-verbal : « Mgr l’intendant ayant examiné les ouvrages qu'il y avait à faire... il aurait été dressé par l’ordre de Monseigneur l'intendant un état des ouvrages par lesquels il fallait commencer et il fut même convenu en sa présence, avec le nommé Chalimon, entrepreneur, du prix des ouvrages que le dit Chalimon avait déjà commencés ».
4. Cette impression est indiquée dans une lettre à Tourny de 1752, A. D., Gir, G 1255. Par l’Arceau devait monter une route en corniche, dominant la vallée.
5, Sur ces travaux, voir la liasse C 1254, aux Archives de la Gironde. k
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à un rang de maisons.» Les Pères Jésuites n’attendent pas l’autorisation des officiers municipaux pour démolir le mur qui les gêne à l'angle de la ville ?. L'avant-porte de Taillefer est condamnée, sur la demande des habitants du quartier, parce qu’elle oblige les voitures à un long détour, parce qu’elle cache le grand chemin et les dehors de la ville, parce que sa base surélevée contrarie la pente générale, et que la terre qu’on y prendra pourra servir à des remblais *. On démolit et on bâtit tout à la fois, et les administrateurs et les administrés collaborent pour construire et sont complices pour démolir. Par le fait des embellissements, la ville est en fièvre.
Le programme s'étend à mesure que son exécution avance. Un procès-verbal de Vimar mentionne un projet de quai à établir du côté du moulin, et un projet de digue pour le côté de la redoute *. Les lettres de Maignol parlent d’un jardin, peut-être celui des arènes, et d’une nouvelle porte à laquelle on donnera le nom de l’intendant 5; elle remplacera l’ancienne barbacane, en regard de la route d’Excideuilé. On aménagera un port au gravier*. La question des ponts est reprise; celui de la cité doit être réparé ®, et un autre doit être établi au bout du chemin qui va de Taillefer à Saint-Roch, dans la direction du faubourg Saint-Georges, où aboutit la route de Brive”.
1. À, D.,Gir., C 1254, 23 avril 1752, lettre du subdélégué Maignol à l'intendant
2. Les consuls en avisent Tourny par une lettre du 15 mai 1753, A. D., Gir., C 1254.
3. A. C., Périgueux, B B 37, 5 septembre 1752, délibération du Corps de ville sur requête des habitants du quartier de Taillefer. La requête est à chercher également aux Archives de Périgueux, A. C., D D 21.
4. A. D., Gir., CG 1254, 24 octobre 1752, procès-verbal de Vimar.
5. Dans une lettre du 23 octobre 1754, Maignol apprend à Tourny que le sieur Garrin a levé au crayon le plan «que vous lui avez ordonné » pour le Jardin publie et la nouvelle porte. «Je ne saurais, continue le subdélégué vous exprimer combien ce projet fait de plaisir aux habitants de ce quartier et à toute la ville On appelle déjà la nouvelle porte du nom de la place, et apparemment qu’on y appellera le Jardin. Jugez par là du plaisir que j’ai de voir comme immortalisé tout ce que je chéris et respecte le plus » A. D., Gir., C 1955.
6. A. D., Gir., C 1256, 27 avril 1756, devis des ouvrages à faire pour la reconstruction de la porte Barbacane, chemin de Périgueux à Excideuil par l’Arceau. Tourny a écrit, de Sa main, «qu’il n’y a point de marché arrêté ».
7. Mention est faite de ce port dans une lettre de l'évêque à Tourny, datée du 24 novembre 1756, A. D., Gir., C 962.
SA ED NGiTi EC 962, 15 septembre 1756, lettre de Maignol à Tourny et réponse d de sous forme de minute autographe. Il se propose d'étudier la question sur es lieux.
9, A, D., Gir., C 967, 6 novembre 1756,
Si Tourny était resté plus longtemps intendant de Bordeaux, Périgueux, embelli sur toutes ses faces, rendu accessible aux principales routes, étendu et décoré, serait devenu une manière de capitale ?,
1. A. la suite de la guerre de 1870-71, l'aspect du Périgueux de Tourny se modifia profondément. Après avoir décidé que la rampe de la promenade serait prolongée, le Conseil municipal prit la résolution de faire procéder à la replantation des arbres. Quelle essence serait choisie ? Les arbres à remplacer étaient des ormeaux. Une longue bataille se livra dans le Conseil municipal et, en dehors de lui, entre les ormistes et les platanistes. Finalement, les platanistes l'emportèrent. Archives communales de Périgueux, sessions du Conseil municipal de 1871, 1873, 1874 et 1875.