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ondulantes, de coquilles droites ou renversées: ce sont, au sommet des arcades, des variétés innombrables de masques terribles ou grotesques, et parfois, comme par mégarde, à la volée d'une impression, simplement et joliment humains !.
Voilà la forme générale où s’encadre le Bordeaux de Tourny.
Pour le fond, le marquis applique à Bordeaux, en les développant encore, les mêmes principes qu'il fait servir à l’aménagement des autres villes de la généralité. Ilouvre sa capitale aux voies de communication, et il unit les quartiers aux faubourgs par le moyen du tour de ville. Le dedans, pas plus que le dehors, n'est à refaire pour lui-même: il convient de les fondre ensemble. Tourny exprime, en.propres termes, cette idée : « Il convenait, dit-il, que le dedans et le dehors de la ville ne formassent qu'un même alignement ?, » Les embellissements ne devaient pas valoir chacun par sa beauté particulière; c’est l’ensemble qu’ils étaient destinés à faire ressortir.
Dans cet ensemble, les embellissements sont tous liés. L’intendant présente volontiers ses premiers travaux comme une suite de l’œuvre de Boucher, « comme une dépendance des plans de la place Royale #» ; il rattache de même à son programme les plans de d’Asfeld, qu'il corrigé d’ailleurs. Et ensuite il étend son système jusqu'à y comprendre tout Bordeaux : les grands chemins royaux se dérouleront à la place de l’enteinte, et le tour de ville deviendra une magnifique promenade à peu près telle que « le boulevard de Paris ».
Sous l'œil du grand maître, tout le plan se développe à la fois. Il voit les allées qui doivent entourer le Château- Trompette, de la porte du Chapeau-Rouge à celle du Médoc, de celle du Médoc à la porte Saint-Germain. Il suit du même regard les autres allées qui doivent embellir la façade du côté de la terre, de la porte Saint-Germain à la rivière, par la porte Dijeaux et la porte Saint-Julien. « J'ai projeté, écritil dès le 28 janvier 1744, un plan d’allées qui feront le circuit
1. Léon Deshairs, L'Architecture et la Décoration à Bordeaux au xvine siècle, p. rt. 2. À. D, Gir., C 1219, 20 avril 1745, lettre de Tourny à d’Argenson.
3. À. D., Gir., C 1219, 27 janvier 1744 lettre de Tourny à d’Argenson.
4. A. D., Gir., C 1847, 2 octobre 1744, lettre de Tourny à Trudaine,
de la ville 1». Bientôt après, c’est la rivière elle-même qui entre dans son plan : la rivière est un autre grand ‘chemin que doit accompagner la façade des quais. Et le tour de ville ne peut se développer dans son entier sans que d’autres changements s’ensuivent à l’intérieur des quartiers et jusque dans les faubourgs. En 1749, Tourny, impatient de voir réaliser son programme, fait établir une esquisse où son œuvre apparaît complète, avant le temps. Il l'adresse à d’Argenson, et voici le mot dont il l’accompagne : « Ce plan vous présentera... un côté de ville aussi beau qu'aucune en ait en France; celui de la rivière l'emporte encore par sa forme naturelle et les avantages du commerce qui S'y opère continuellement; le reste du contour de la ville est ébauché d'une facon qui, dans quelque temps, répondra convenablement à ces deux côtés; le tout indépendamment de différents changements qui, se faisant dans l’intérieur de la ville à mesure qu’on peut saisir l’occasion, commencent à y paraître et y produiront une grande différence avant une douzaine d'années, si mes soins sont continués quand je ne serai plus ici ? ».