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Remarquer surtout la ligne des cours se développant autour de la ville et les grandes places où s’amorcent les percées intérieures et les grands chemins de l'extérieur.

Noter aussi l’encerclement du Château Trompette par les allées et le rayonnement des percées nouvelles autour du Jardin-Public.

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Le trait rouge indique le tracé de l’ancien mur masqué et débordé par les constructions de Tourny.

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Jacques Ange, le plus glorieux des Gabriel, obtint à sa place, mais non sans peine, la direction des travaux de Bordeaux. Tourny contribua à la lui conserver. Après avoir manifesté quelque humeur «contre les Messieurs de Bordeaux », qui lui avaient été contraires, le grand architecte s’empressa d'assurer l'intendant de sa gratitude et de son dévouement: « Cette vivacité que je vous témoigne, Monsieur, lui dit-il, ne m’empêche point d’avoir toute la reconnaissance possible de votre façon de penser sur mon compte; aussi vous pouvez m'employer dans tout ce qui vous conviendra, et je ne serai point chiche d’avis et de dessins à votre égard !. »

La collaboration de Fourny et de Gabriel fut constante et étroite: l'intendant comblait l'artiste de prévenances ? ; il regrettait seulement qu'il fût amené, par les ordres du roi, à disperser son activité*.. Alors que l’intendant de Guienne aurait voulu garder le Premier Architecte du roi pour sa capitale de Bordeaux, Gabriel devait s’'employer tantôt à Versailles, tantôt à Paris #.

À partir de 1750, quand le grand architecte lui échappa presque tout à fait, Tourny se retourna vers ces architectes de province qu'il avait commencé par dédaigner. Il écrit à l’un d’eux, le sieur Portier, inspecteur des travaux de la nouvelle Bourse 5 : «Je m'en rapporte plus à vous, qui êtes sur les lieux en état de combiner tout cela et d'y donner beaucoup d’attention, qu’à Monsieur Gabriel qui, d'ici, ne voit pas la moitié de ce qui est et y réf échit légèrement 6», A la fin de son intendance, il en vient à témoigner une certaine confiance, non seulement à Portier,

1. A. C., Bordeaux, D D 23, dossier G, 7 juin 1744, lettre de Gabriel à Tourny. Au moment de la mort de Gabriel le père, des appointements lui étaient dus par la vilie de Bordeaux. La ville négligea de les payer à ses héritiers, en même temps qu’elle faisait des difficultés pour pourvoir Jacques-Ange Gabriel de la commission. de son père.

2. Voir la correspondance entre Tourny et Gabriel, dans la liasse C 1191, aux Archives de la Gironde. L’intendant ne se laisse pas devancer par l'artiste à l’occasion des souhaits de nouvel an.

3. Voir le projet d’une lettre de Tourny à Gabriel, sur une lettre au marquis du 9 novembre 1749, A. D., Gir., G 1377.

4. On trouvera l’énumération des travaux de Gabriel dans le livre du comte de Fels intitulé, Ange-Jacques Gabriel, Paris, 1912.

5, C'est le titre officiel de Portier. A. D., Gir., G 1972.

6 Ac D.-Gir, GIl61; 14 avril 1751, lettre de Tourny à Portier.

mais encore à Richard Francois Bonfin, f£s de François Bonfin, et comme lui ingénieur de la ville, à partir de 1751.

Tourny éprouva moins de mécomptes de la part de son principal sculpteur, le sieur Francin, qui vint à Bordeaux en 1748 pour remplacer son associé Jacques Verberckt, retenu comme Gabriel à Paris et à Versailles. Ici encore, la concurrence des artistes parisiens empêcha ceux de Bordeaux, comme Vernet, d’avoir la meilleure part des commandes.

Claude Francin était le neveu de Coustou, il avait développé son talent à Rome, où il était allé comme pensionnaire du roi; l’Académie royale de peinture et de sculpture le‘comptait parmi ses membres; ses portails de Saint-Roch, de l’Oratoire et des Théatins lui avaient assuré une certaine renommée, sans lui conférer cependant le grand prestige de Gabriel. Tourny put le traiter plutôt comme un protégé que comme un maître. Il fut pour lui un Mécène dans toute l’acception du mot; il eut à son égard ces délicatesses de cœur qui honorent également celui qui en est l’objet et celui dont elles viennent. Non seulement Tourny assura à Francin le logement que l'artiste réclamait pour sa famille, mais encore il lui resta moralement fidèle en refusant notamment ‘de le sacrifier à Pigalle ?. Le marquis alla jusqu’à solliciter un sauf-conduit pour Francin le jour où celui-ci fut victime d’une condamnation de la Bourse de Paris, au sujet d’un cautionnement « qu’il s’est avisé de donner fort mal à propos ?. » L'artiste répondit à toutes ces marques de bienveillance en se chargeant à l’occasion des commissions personnelles de l’intendant, en réservant pour Bordeaux le meilleur de son temps et de son talent, en se résignant, à se faire oublier de Paris #

Parmi les correspondants de Tourny, ou dans son entourage, on trouve encore d’autres artistes, comme Cochin qu'il ne man-

Il. Pour ces renseignements, voir la correspondance entre Verberckt et Tourny, À. D., Gir., CG 1190, notamment les lettres de Verberckt des 31 octobre 1747, 29 mars 1748 et 5 juin 1748, et la minute de Tourny du 28 novembre 1747. L'œuvre de Francin a été étudiée par Ch. Marionneau dans un ouvrage intitulé Travaux du statuaire Francin.

2. A. D., Gir., G 18, 18 décembre 1749, lettre de Tourny à d’Argenson.

3. A: D. Gir., C 1173, ? septembre 1752, lettre de Tourny à d’Argenson.

4. Francin insista plus Lard sur cette circonstance dans un mémoire qu'il rédigea le ? décembre 1757, A D, Gir., CG 262.

quait pas d’aller voir, lors de ses voyages à Paris !, comme le graveur Lattré, comme Lemoyne qui avait sculpté pour Bordeaux, au temps de Boucher, la statue équestre de Louis XV. Il ne semble pas que les uns ou les autres aient jamais eu à se plaindre de l’ingratitude du marquis : « Que dirait-on, disait-il lui-même à ce propos, si J’abandonnais ces hommes qui, sur la foi de mes promesses et de mon autorité, ont hasardé leur fortune ? C’est pour eux que le gouvernement sait se montrer libéral 2. » Et Lemoyne, qui se flattait d’être son familier et qui échangeait avec lui des compliments et des cadeaux, témoignait ainsi, certain jour, de son zèle à le servir : « Vos bontés, Monsieur, lui écrivait-il, m'ont fait espérer de m'exercer avant que la sève finisse en moi. Je serai flatté à mon retour d'invoquer les mânes de Michel-Ange et du Corrège sous la protection de M. de Tourny :.»

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