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Comme suite à l’alignement du cours d'Aquitaine, à l’ouest de la porte Sainte-Eulalie, la partie du mur comprise entre cette dernière et-celle de Saint-Julien se trouva dans le cas d’être avancée d’une quarantaine de toises', et la porte Saint-Julien fut, par là même, condamnée à disparaître, d'autant qu’elle ne pouvait plus jouer utilement son rôle.
Tourny avait raison de définir ainsi ce rôle dans une lettre du 8 septembre 1753 à M. de Saint-Florentin : «Cette porte. est, après celle de Bourgogne, la plus passante de la ville. Tout ce qui vient par terre d’au-dessus de Bordeaux, entre la Garonne, les Pyrénées et l'Océan, entre par elle, comme tout ce qui y va sort aussi par elle. Cette étendue de pays est celle de l’ancienne Aquitaine ?. »
Le nom de porte Saint-Julien, qui lui était venu d’une chapelle voisine, pouvait être avantageusement remplacé. L’allure de forteresse qu’elle présentait n’était plus de mise. Elle devait être élargie, agrandie; ses abords devaient être aménagés pour encadrer, dans une grande place régulière, le carrefour essentiel des grands -chemins du midi, du boulevard extérieur et de la rue Saint-Julien qui devait se réunir un jour à la rue Sainte-Catherine, dont le débouché était, de l’autre côté de la ville, à la porte Médoc.
Dès le 8 jui 1744, une délibération de Jurade, prise sans doute sur l'initiative de l’intendant, mettait ces projets à l'étude. Il était question de démolir le bastion qui masquait la porte, d'établir une place, et de transférer un peu plus loin l'hôpital des Incurables, qui empêchait tout dégagement. L'année suivante, à l’occasion du passage de la dauphine, de coûteuses réparations durent être faites à la porte, qui tombait en ruines et qui se prêtait
- mal au décor *.
L’intendant entra aussitôt en négociations avec le bureau de l'hôpital des Incurables, pour que cet établissement fût transporté
1. Voir la délibération de Jurade du 9 février 1754, déjà citée.
2. À. D., Gir, C. 3619, 8 septembre 1753, lettre de Tourny à Saint-Florentin.
3. Cf., à ce sujet, le « Mémoire pour former par MM. les Jurats une délibération au sujet de la porte St Ju ien et place devant icelle ». À D., Gir., C. 1168. Voir aussi l'étude de M. Pierre Meller intitulée, La porte d'Aquilaine, Berdéaux, 1903.