‹ TournyChapitre 326 sur 494 · A. N., E 2279, 19 janvier 1748, arrêt du Conseil · texte numérisé non relu

A. N., E 2279, 19 janvier 1748, arrêt du Conseil

2. A. N., F 2301 et A. D., Gir., C 1247, 10 juillet 1750 arrêt du Conseil. Voir aussi une communicalion de M, P Fourché à la Société archéologique, !. XXX du Bulletin, 1908, p. 17. ;

3. A. C, Bordeaux, D D 19, liste des emplacements vendus, de 1751 à 1761.

4. Délibération de Jurade du 30 sentembre 1751, A. C., Bordeaux, recueil Baurein.

5. Où trouvera les actes d’adjudication dans la liasse C 1161, aux Archives de la Gironde.

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à la porte des Portanets!, tandis qu’en vue d'aménager lautre côté des Salinières, la Jurade prenait la délibération du 15 juillet suivant, à l'effet d'ouvrir une nouvelle porte, dite de la Monnaie, entre celle de Sainte-Croix et celle de la Grave?.

La dernière étape fut bientôt franchie. Aux termes de l'arrêt du Conseil du 5 mars 1754, la ville était autorisée à vendre de nouveaux emplacements sur les quais en vue de l’achèvêément de la façade, à savoir sur 29 toises, des échoppes de la Monnaie au passage de la porte Caillau, sur 50 de cet endroit à la Cour des Aïdes, et. sur 43 de la porte de la Grave aux échoppes les plus avancées sur le bord de la rivière. Une nouvelle porte à arceaux devait remplacer celle du Pont Saint-Jean. Le produit de la vente des emplacements serait employé tant à la construction de la porte du Pont Saint-Jean qu'à l'achèvement de la porte de Bourgogne. De cette sorte, la façade des quais serait entière.

La grande part prise par Tourny dans l'élaboration de ce plan ressort à première vue de l'examen de sa correspondance. Il écrit à de Courteille, dans sa lettre du 11 juin 1750 : « C’est de concert avec moi, où pour mieux dire à mon instigation et sous mes yeux, qu'ont été projetés les ouvrages dont il s’agit dans la délibération des Jurats de Bordeaux du 30 avril dernier, dont ils demandent au Conseil l’homologation 4. »

Si l’on révoquait en doute l’affirmation de l’intendant, on pourrait la contrôler en suivant la genèse des projets. On trouve tantôt un mémoire corrigé de la main du marquis, tantôt une approbation écrite encore de sa main à la fin d’un autre mémoire. Il presse le Conseil d'accéder aux demandes des jurats, qui sont les siennes. Le Conseil rend ses arrêts sur requête de la Jurade ; mais c’est Tourny qui inspire les délibérations du Corps de ville el c’est encore lui qui rédige les projets d’arrêts. Pour obtenir l'arrêt de juillet 1750, il aceumule les arguments. Il insiste sur

ADP Tirer C 1247, 29 mai 1752, procès-verbal.

A. C., Bordeaux, D D 24, 15 juillet 1752, délibération de Jurade.

. A. D., Gir., G 1246, 5 mars 1754, arrêt du Conseil.

A. D, Gir., C 3667, 20 juin 1750, lettre de Tourny à M. de Courteille.

Les pièces auxquelles nous faisons allusion sont à chercher dans la liasse C 1164 aux Archives de Ja Gironde +

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cette idée que les étrangers, dès leur arrivée à Bordeaux, doivent prendre une grande idée du royaume. « Gette idée, dit-il, est à bien des égards plus utile qu’on ne l’imagine communément. J'ai sur ce système déjà beaucoup travaillé, beaucoup avancé, et au point où en sont les choses, j’ai lieu de croire qu'il n’y a rien de mieux à faire...» Il insiste d'autant plus que les projets étudiés, en particulier pour la porte. des Salinières, répondent au vœu du public. (Ce fut cet endroit qu'ilsouhaitait qu’on embellit par l'érection de la statue équestre !. »

Une fois l'arrêt fondamental obtenu, l’intendant se prodigue encore. Les propriétaires s'adressent à lui pour obtenir des indemnités?. Il préside aux adjudications?. Quand les fonds manquent à la ville, il prend sur les siens propres. Rien ne l’arrête. On raconte que les propriétaires des échoppes situées en arrière du nouvel alignement refusèrent de les lui vendre, sans accepter non plus les terrains de façade qui leur étaient offerts pour ÿ bâtir. Tourny

les ayant convoqués, leur reprocha leur attitude et leur déclara

que, puisqu'ils refusaient de coopérer à un projet où le bien public s’alliait avec les intérêts particuliers, il était décidé à le réaliser incessamment, par les moyens en son pouvoir’. La Cour des Aides n’obtint qu’exceptionnellement de conserver la vue sur le port en promettant de reconstruire son hôtel sur l'alignement. Pour que l’entreprise réussit, l’intendant en partagea la charge avec ses amis, les grands négociants5, les Faure, les Crozilhac, les Balguerie et les Guestierf. 1

En 1754, l’intendant est encore sur la brèche pour demander l'arrêt du mois de mars : « Il ne s’y agit à proprement parler, écrit-il encore à de Courteille, que de la continuation et per-

1. A. D., Gir., C. 2667, 20 juin 1790, lettre de Tourny à M. de Courteille, déjà citée.

2. Par exemple «a veuve Plain qui veus se faire payer son échoppe; A. C., Bordeaux, D D 12, 16 juillet 1752, réponse sur requête.

3. A. C., Bordeaux, BB, 26 janvier 1753, délibéralion de Jurade.

4. L'anecdote qui est racontée par Bernadau, l'ablean de Bordeaux, p. 70, méri terait d’être authentique. Nous n'avons pourtant rien trouvé, dans ies documents, qui s’y rapporlAl.

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