‹ TournyChapitre 327 sur 494 · Bernadau, flistoire de Bordéaur, p · texte numérisé non relu

Bernadau, flistoire de Bordéaur, p

6. Ces quatre grands négociants figurent parmi les adjudicataires des emplaccments veudus, depuis le palais de la Cour des Aides jusqu'à la Porla du Caillau. A.

: C., Bordeaux, D D 1%, liste des emplacements vendus de 1727 à 1754, [Les noms cités sont indiqués pour le mois de mai 1754.

fection d’un projet autorisé par arrêt du Conseil du 10 juillet 1750, pour l’embellissement de la ville et la commodité de ses habitants, lequel projet fut conçu. dans ce temps avec ce qu'il est question aujourd'hui de lui donner d'augmentation, mais dont on ne voulut alors proposer que la première et principale partie, afin qu'il ne parût trop étendu, et dans l’idée que cette première partie étant une fois bien avancée, comme elle l’est, Ia seconde suivrait naturellement et presque nécessairement. » Les frais seront couverts par le produit de la vente des nouveaux emplacements; le commerce sera satisfait des commodités qu'il obtiendra ; la façade formera un ensemble admirable. « Je puis, Monsieur, vous assurer, conclut-il, que de l’exécution entière dudit projet il résultera qu'il y aura de fait, le long du port, quelque chose de très beau et peut-être unique en France et qu'il n’en aura rien ou très peu coûté à la ville, ni même à personne, si ce n’est ce que des particuliers auront ris d'argent à bâtir avec goût, décoration et utilité *. »

Quand il a fini de travailler à l’ordonnance de sa façade, Tourny passe aux travaux à établir sur le bord même de la rivière, pour faciliter : l’embarquement et le débarquement ?. Il rêve ensuite du pont à bascule, à travées mobiles, dirions-nous, qu'il s'agirait de jeter entre les Salinières et la Bastide où débouche le nouveau chemin de Paris’. En attendant que ce pont soit établi, l'intendant revient toujours à sa place de Bourgogne ou des Salinières qui doit jouer le premier rôle à la fois dans l’activité économique et dans l’ensemble architectural.

La place, la porte de Bourgogne, ce sont les idées de Tourny. Les quais avaient besoin d’un débouché plus large que la rue Saint-Rémy et plus central que les Fossés du Chapeau-Rouge. Les Fossés des Salinières étaient largement ouverts au cœur

1. À. D, Gir., © 1247, 23 février 1794, ietitre de Tourny à M. de Courteille.

?. Letellier et Portier lui soumirent plusieurs projets. Tourny approuve, «après que vous aurez, l’un e{ Pautre, éeril-il à Leteliier, bien réfléchi qu'ii n'y a rien de mieux à faire. » li s’agiseait d’une crèche à établir en face des portes du pont Saint-Jean et des Portanets. A. D., Gir, C 1245, 31 mai:1755, lettre de Tourny à M. Leteliier.

#. Voir, à ce sujel, un mémoire du 6 mars 1751, dans la liasse C 265, aux Archives de la Gironde et un plan du pont de Bayonne, demandé par Tourny, A. D., Gir., C 1247, 12 avrit 1749. Nous regreftons de ne posséder aucune lettre un peu explicite de l'intendant sur ce sujet ;

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de la Rousselle, le quartier commerçant. Sur la facade, ils se présentaient à peu près à égale distance entre les deux extrémités de la ville, le Château-Trompette et la Manufacture. En y aménageant une promenade, on avait commis une erreur. Tourny rendit les Fossés à leur fonction naturelle; il les restitua aux rouliers, aux camionneurs, au commerce. Et pour rendre à ce commerce les honneurs qui lui étaient dus, il lui bâtit dans l’hémicycle de la place une porte, en manière d’arc de triomphe, digne du premier port français.

Toût intendant qu'il était, il y travailla presque autant que les architectes eux-mêmes. De la base à l’entablement, aucun détail ne lui échappa. L’adjudication des travaux fut consentie à Guillaume Chevay pour la somme de 49550 L., le 28 octobre 17501. Les fouilles, retardées par les pluies continuelles, ne purent être entreprises avant le printemps de 1751. Mais déjà Tourny avait commencé de collaborer, avec Pôrtier et avec Gabriel, à l’établissement du plan. Les dessins furent repris à plusieurs fois.

D’après le projet définitif, la porte devait être d’ordre dorique, avec un socle surélevé supportant de part et d’autre de la principale ouverture, du côté du port, deux colonnes jumelles à demi engagées, du côté de la ville, deux piliers colossaux engagés de même sorte. Une plate-bande couronnerait le tout et serait surmontée elle-même d’un ensemble sculptural : un triton et une néréide, soufflant dans leurs conques, soutiendraient une sphère ailée, marquée de trois fleurs de lys et de la couronne royale. Les guichets seraient surmontés, de la même façon, d’un écusson avec une couronne murale ?.

Tandis que l’intendant demande, pour les maisons de la place, des balcons au premier étage, et à l’attique, des croisées qui ne soient pas absolument «carrées »#, il insiste pour que les guichets de la porte ne soient pas sacrifiés à la principale entrée,

1. A. D., Gir., C 1161, 28 octobre 1/50, acte d’adjudication.

2. Voir, en plus de l’ouvrage de M. Paul Courteault sur les Portes de Bordeaux, P. Fourché, L'histoire de la Porte de Bourgogne, Bulletin de la Société archéologique de Bordeaux, t. XXIX, t. XXX et t. XXXI, d’après les documents tirés des Archives de la Gironde, liasses C 1161 et C 3619 et des Archives communales de Bordeaux, registres de Jurade et dossier spécial.

3. Cf. la iettre de Tourny à Portier, en date du 12 mars 1751, vilée par P. Fourché, Bulletin de la Sociélé archéologique de Bordrauz, t. XXX, 1908, p. 30.

pour que le socle, où s'appuient les colonnes, reste passablement élevél, pour que la plate-bande du couronnement ne soit r qu'on la consolide par des tirants de fer?. dée de la dédicace au duc de Bourla cérémonie #. Et quand tous les nieurs de Paris se liguent avec

pas trop en saillie, pou Cest lui qui a le premier li gogne; c'est lui qui préside à inspecteurs généraux et les ingé Trudaine pour trouver trop prétentieuse la porte de Bourgogne, « une construction aussi simple que noble, un des plus beaux morceaux qu'il y ait en ce genre », Tourny prend crânement la défense de sa porte, comme s’il était maintenant plus bordelais que parisien. « Je vois, dit-il à Trudaine, que ces Messieurs ont traité cet édifice d'Arc de triomphe plutôt que de Porte. Ils ont raison et nous en aurions fait autant, si je n'avais pensé que plus nous sommes sur les bords de la Garonne, plus il nous convenait d’affecter de modestie dans nos expressions. Un tel arc de triomphe ne paraît, disent-ils, convenir que vis-à-vis une rue de 17 toises de largeur; je dis encore qu'ils ont raison et qu’aussi, en mêmé temps qu'il fait le fond d’une place en portion circulaire sur notre rivière, il se présente du côté de la ville sur une rue de largeur; le bout de plan ci-joint vous mettra sous les yeux la position des choses, et je crois que la voyant, vous et eux reviendrez de l’idée qu’une architecture plus simple eût été peut-être plus à propos. Il nous fallait un ordre; le toscan a été employé à d’autres portes; nous ne pouvons mieux faire que nous élever au dorique, en ne le chargeant d’ailleurs d'aucun ornement

étranger “. »

1. À. D., Gir., C 1161; 14 avril 1751, 1ettre de Tourny à Portier.

2. A. D., Gir, C 1162: lettre de Tourny à [rudaine du 21 mai 1754 et iettre de. Tourny à Gabriel du ?9 juin 1754.

.8. Tourny insiste sur ce fait dans sa lettre du 31 août 1751 à Saint Florentin. A. D. Gir., G 3619.

4. À. D., Gir, C 1164, 23 juillet 1754, leltre de Tourny à Trudaine.

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