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IT — Les Quartiers de l'Intérieur.
Autour de l'axe qu'il n'avait pu qu’indiquer, l’intendant ne toucha guère que sur des points particuliers aux quartiers de l’intérieur, Il redressa les voies, ici ou là, comme il put, et quand l’occasion se présenta !, en groupant, semble-t-il, les améliorations autour des principaux établissements publics.
C'est ainsi qu’il procède autour de la cathédrale Saint-André. Tout en faisant travailler au monument lui-même, dont une des flèches avait été gravement endommagée par l'ouragan du mois d'avril 17537, il essaie de dégager les abords de l’église, pour en rendre l’accès plus facile. L'arrêté qu'il prend le 8 janvier 1751 décide, non seulement le rétablissement de deux marches à la porte de l'édifice, mais encore des réparations à la place de la cathédrale, dont «le milieu sera chaussé sur la largeur de 16 pieds », le raccord de la rue du long de l’église avec cette chaussée, l’établissement des marches nécessaires aux maisons de la place, etc... Les travaux seront exécutés par le chapitre, « qui les paiera au moyen de ce que l’intendant a promis de faire fournir. »
La question du payement, toujours délicate, retarde les réparations aux prisons de la conciergerie du Palais, Dès le 5 juin 1744, Tourny envoie le devis et demande un arrêt pour l’adjudication. L'expédition de l'arrêt se ferait moins attendre, si l’intendant ne
1. On trouvera la mention d’un certain nombre d’alignements et de redressements dans la liasse 23, carton D D 14, aux Archives communales de Bordeaux.
2. Voir, à ce sujet, le rapport très intéressant adressé par Tourny au ministre de la Marine. A. N., Marine, B% 519, 13 avril 1753. Le rapport n’est pas. signé, mais sa provenance ne fait aucun doute. En voici le début : « Le 4, le vent d’ouest qui régnait depuis quelques jours augmenta si fort et dura tel jusqu'au 5 au matin, que l’on ne se souvient pas d'en avoir vu de plus fort et qui ait tenu si longtemps de suite. Une des deux flèches des clochers de la cathédrale en a été abattue sur une longueur de 1? à 15 pieds. Celui des Cordeliers l’a été presque entièrement. Les tuiles de bien des toits ont été emportées. Il y a eu dans le port 15 navires qui ont chassé sur leurs ancres, six qui ont cassé leurs cables, ainsi que trois pontons, et tous ont été à la dérive du côté de Bègles jusqu'au port neuf, au-dessous de la Tresne. Le Pinque, la Providence, de 600 tonneaux, au sieur Menoire, et un des six ci-dessus a dématé de tous ses mâts, en passant, le vaisseau La Vicloire de 200 tonneaux au Sieur Ferrand. I] n'y a eu personne de perdu, dont au moins on ait encore connaissance. Si le calme se soutient comme hier, tout sera remis en place aujourd'hui et demain. » L
3: A::D:, Gir., C 2408. et G 576, 8 janvier 1751, ordonnance de Tourny relative à différents travaux dans le quartier de la cathédrale, <
sollicitait aussi une ordonnance stipulant que les payements se feront sur les domaines du roi. Le contrôleur général y est opposé; il veut et il obtient que les frais soient supportés par la ville. Les adjudications ont lieu, les travaux sont en cours, mais l’entrepreneur ne réussit pas à se faire payer; à son tour, il ne régle pas ses fournisseurs et on le poursuit en justice. Quand il se retourne vers l’intendant pour demander que, «puisqu'il s’agit d'ouvrages du Roi, toutes les affaires s’y rattachant soient payées par Tourny lui-même », l'affaire est tellement embrouillée que le marquis n’ose prendre sur lui de la régler sur l'heure et qu'il la renvoie à Vimar!.
Les jurats sont plus empressés quand il s’agit de réparer leur maison commune, avec le collège qui y est attenant. Ils retrouvent alors le bel enthousiasme qui les animait pour la réfection des façades; pas plus que leur contribution morale, ils ne marchandent leur contribution financière; ils voudraient avoir un hôtel plus beau que celui de leurs rivaux; les capitouls de Toulouse ?. Ils se mettent à l’œuvre d’un cœur léger. Ils parlent avec amour du roi, «le père de ses sujets » ; ils exaltent le grand zèle de Monsieur de Tourny, «.son bon goût et..ses soins infatigables »; ils mentionnent avec emphase ses allées, son jardin, «le plus beau de France après celui des Tuileries », et encore ses magnifiques arcs de triomphe; après avoir célébré les beautés du tour de ville, ils déclarent qu'ils «croiraient manquer à un devoir des plus essentieis, s'ils ne donnaient la même attention pour l’intérieur *.» Conformément à l’avis de l’intendant, le Conseil rend, en leur faveur, l'arrêt du 23 septembre 1755. Portier se charge de dessiner la nouvelle maison commune et le nouveau collège. La ville supportera les dépenses sans difficulté; 100000 livres pourront être prises sur la caisse de loctror: en outre un fond annuel de 100000 autres livres pourra être imputé à raison de 40000 sur la caisse des maisons démolies et de 40000
1. Le dossier de l'affaire est à chercher dans la liasse C 1148 aux Archives de Ie Gironde. Un certain nombre de pièces, comptes ou affiches, se trouvent dans la liasse C2367: -
2. Il s’agit du Capitole, construit en façade de la place royale -de Toulouse, et dont il est question dans le Journal économique, février 17H 2E ML p.185:
3. À. C., Bordeaux, B B, registre pour 1753-1754, 11 décembre 1753, délibération
de Jurade,
sur celle des revenus!. Malheureusement l’intendant quitta Bordeaux avant l’établissement définitif des plans ?.
Le marquis avait eu tout juste le temps de remettre à neuf l’hôtel de l’intendance consumé par un incendie au début de 17563. Jusqu’alors il avait toujours hésité à embellir sa résidence. Il écrivait à ce propos au contrôleur général, le 14 février 1756 : «Tout le monde, Monsieur, me disait depuis 12 ans qu'il était surprenant que, tandis que je faisais construire tant de différents bâtiments, je ne sollicitasse point le Conseil d'accorder les fonds nécessaires pour accommoder solidement et d’une facon honnête la maison du Roi où je logeais, n’ayant jusqu'ici proposé que des réparations nécessaires qui n’allaient pas à me mettre à mieux. # C’est à peines’il avait ajouté au bâtiment une porte d'entrée flanquée de deux pavillons, et une salle de concert donnant sur le jardin. Après l'incendie, il fit reprendre la facade, remanier l’intérieur et disposer un grand escalier de marbre. Il demanda pour le tout 40 à 50000 livres à prendre sur l’excédent des recettes des 3 sous pour livre. Il avait eu pour intention, comme il le dit, de reconstruire «solidement, proprement et simplement © ». |
La cathédrale, le palais, l'hôtel de ville, l’intendance, tels sont les monuments dont Tourny se préoccupa, soit pour les restaurer, soit pour aménager leurs abords’. On ne peut pas dire que ses interventions furent absolument décisives ; mais il eut raison de