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D’Argenson, par exemple

4. Le dossier se trouve dans la liasse C 1152 aux Archives de la Gironde. Voir aussi, dans la liasse C 1154, le plan de lotissement.

5. À. D., Gir., G 1152, 12 juin 1746, lettre de d’Argenson à Tourny.

qu'il fit ratifier par la Jurade'. Le marquis avait d’ailleurs rassuré d’Argenson, le 2 juin 1749, par un exposé très clair sur la matière : il était vrai que la ville venait de reprendre une partie du terrain cédé par elle aux Capucins, mais elle ne s’y était décidée que pour «la commodité des habitants » et les religieux ne pouvaient se plaindre, puisqu'on leur avait construit, en compensation, un bâtiment solide qui avait coûté 12000 I. D'ailleurs les nouvelles percées feraient du bien à leur couvent, où n’allaient pas, «dans toute l’année, quatre personnes de condition.» Et Tourny ajoutait, sans doute en manière de badinage-: «Je crois, M., avoir en cela répondu à vos intentions, en même {emps que j'ai suivi mon inelination; il n’a été agi dans le tout que de concert avec les bons pères. Si par la suite, ils n'étaient pas aussi contents qu'ils l’ont paru jusqu’à présent, s'ils faisaient quelque difficulté, ils auraient tort assurément, et cela ne pourrait venir que de ce qu'il est assez attaché à la gent monacale de désirer de plus en plus, à mesure qu’on lui accorde ?. »

En arrière du Fort Louis, les Jésuites et les Bénédictins furent à peu près épargnés par Tourny, soit qu'il reculât devant leur puissance, soit qu'il les comptât parmi ses amis, soit plutôt que le morcellement de leur domaine s’accordât moins bien avec son plan d’embellissement.

L'œuvre est à suivre maintenant aux abords de la rivière. Comme en arrière des autres façades, des percées longitudinales sont ménagées le long de l’ancien mur. L'une d’elles, dont l’établissement est décidé par l'arrêt du Conseil du 10 juillet 1750, doit servir précisément à relier les rues qui conduisent à la porte des Portanets et à celle du Pont-Saint-Jean®. Les aménagements se développent de proche en proche jusqu’à l’extrémité des quais, et l’intendant va même jusqu’à rappeler à la vie, en l’attirant de deux côtés, vers la porte des Capucins et aussi vers le fleuve, le quartier Sainte-Croix. Bien qu’il semble devoir rester vit derrière le fort Louis, ce quartier est atteint et traversé jusqu’à

1. Voir la délibération de Jurade du 21 février 1790, dont on trouve une copie aux Archives de la Gironde, liasse C 1152.

2. A. D., Gir., C 18, 2 juin 1749, lettre de Tourny à d’Argenson.

3. Un Éteni plaire de Parrêt du 10 juillet 1750 est aux Archives de la Gironde, A. D'AGIr AC IRAT

la Garonne par le prolongement des rues qui commencent à la place des Capucins. La Jurade décide de prolonger la rue Française jusqu’à la rue Anglaise, au bout de laquelle une porte neuve doit s'ouvrir’. La rue Anglaise est élargie et assainie pour effacer le souvenir de la rue dés Arlots?. Enfin l’intendant songe encore à. doter ce coin de ville de l'établissement très important de la Monnaie.

L'ancienne Monnaie, attenante à la Bourse, avait besoin de réparations urgentes; les entrepreneurs demandaient une somme considérable, devant laquelle l’administration reculait*. Dans ces conditions, Tourny se flatta d'installer la Monnaie sur un autre emplacement.

Le 16 septembre 1755, il écrivit à Chauvelin : «J'ai formé le projet d’un autre monnayage dans un quartier différent et commerçant, qui, tout bâti à neuf:et sur un terrain solide, ne reviendra pas à 140000 I.» L'ancienne Monnaie pourrait se vendre de 120 à 130000 I. Le nouvel établissement coûterait moins cher que l’ancien, une fois les réparations faites. D'autre part, on emploierait pour l’appoint l'excédent des fonds disponibles de la caisse des 2 sous pour livre. « Il y en a plus qu’il n’en faut d’oisif.» La ville pourrait encore prendre à son compte l’ancien immeuble et le louer à des commerçants comme entrepôt. « Dans le cas que, par humeur, la ville ne se prêtât point à ces vues, ajoutait l’intendant, je trouverai des négociants qui seront empressés à acquérir, à peu près sur le pied ci-dessus, la monnaye à cause de sa situation, et si, car il faut tout prévoir, M. le Contrôleur Général changeait d’idée sur le monnayage, de façon que par rapport à de nouvelles circonstances il ne voulût point la faire bâtir après l'acquisition du terrain, il ne serait point du tout embarrassé de ce terrain, attendu que d'ici à un an, il augmentera beaucoup de valeur, à raison des embellissements qui

1. Cette décision est prise dans la délibération de Jurade du 15 juillet 1752, A. G:, Bordeaux, D D 24, 15 juillet 1752, extrait des registres de P’hôtel commun de la ville et cité de Bordeaux.

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