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À. C., Bordeaux, D D 12, liste des adjudications

SHAD.,-Gar., CG 1250, 29 janvier 1754, copie de la délibération de Jurade. Bernadau y fait allusion dans son Histoire de Bordeaux, p. 145.

AA D., Gir., C\1250, supplique de Réveillaud et ordonnance de Tourny, en date du 12 février 1755, fixant à 15.000 L. la valeur de la maison à démolir

.5, Bernadau, Spicilège, 713, L. 87, P. 210, Le Viographe bordelais,

Jacques-Bel fut ouverte, non loin de la rue Mautrec, sur le côté de l’Académie.

En arrière de la place et de la rue Dauphine, l’intendant fit percer la rue Bouffard parallèle à l’ancien mur, et les rues Saint- Paul, Saint-Roch et Villeneuve qui lui étaient perpendiculaires *.

Un autre ensemble intéressant fut composé à la plate-forme Sainte-Eulalie. Tourny ne la sacrifia pas uniquement pour frayer un passage à son boulevard. Il réserva le bord oriental de la plateforme au prolongement de la rue des Minimes, qui porte le nom de rue Jean-Burguet. Ce projet fut adopté à la délibération de Jurade du 9 février 1754, en même temps que l’établissement d’un hospice des Enfants trouvés et d’un petit séminaire, au couchant de la nouvelle percée 2.

L'ouverture de la rue Henri IV, sur l'emplacement des anciens fossés, résulta du déplacement du mur qui était reporté à 40 toises en avant. Une autre voie longitudinale fut établie de même, à l’époque de Tourny ou un peu plus tard, entre les places d’Aquitaine et des Capucins ?.

En arrière de celle-ci, d'importantes brèches furent ouvertes

dans le quartier des couvents qui s’étendait au sud de Bordeaux, sur toute la périphérie. En morcelant leur domaine, Tourny rendit service aux congrégations que nul ne visitait. Les couvents devinrent plus accessibles. En encourageant les constructions, une fois les aliénations décidées, l’intendant fit œuvre utile pour le public qui put trouver, sans sortir de la ville, des habitations à bon marché. Les Capucins, qui donnèrent leur nom à la place nouvelle, ne furent pas les seuls expropriés; leur sort fut partagé par les Cordeliers et par les Petites Carmélites. Dans le système des percées rayonnantes pratiquées avec un certain luxe autour de la place des Capucins, les Petites Carmélites contribuèrent pour leur part au prolongement de la rue qui portait leur nom et qui vint déboucher sur la place#. A ce même prolongement collaborèrent les Cordeliers.

1. Les documents nous manquent pour dater exactement ces percements de rues que nous montrent les plans. | 2. Délibération de Jurade du 9 février 1754, d’après l'inventaire des registres. 8. CIl n’y allait pas, écrit Tourny, dans toute l’année, quatre personnes de condition. » À, D., Gir:, C 18, 2 juin 1749, lettre de Tourny à d’Argenson. 4. Voir, à ce sujet, la délibération de Jurade du 21 août 1704, À: D: Gir., C'1237 copie; voir aussi les plans des liasses C 1152 et C 1154.

QUARTIERS ET FAUBOURGS c 557

Leur domaine, très vaste, s’étendait de la rue Leyteire à la rue des Menuts, de la rue Permentade à la rue Saint-François; il représentait un capital considérable. Malheureusement pour les révérends, leurs dettes atteignaient un total supérieur. Les créanciers ne manquèrent pas de faire leur cour à lintendant en lui remontrant tout le bien qui pourrait résulter du morcellement du domaine des Cordeliers; de nouvelles rues pourraient être percées. Tourny s’empressa d'intervenir '; aussitôt des chantiers furent ouverts. Non seulement la rue des Petites Carmélites s’acheva dans les terrains des Cordeliers, mais sur tout le pourtour du couvent, des maisons furent bâties; du côté du nord, l’œuvre se poursuivit par le prolongement de la rue Saint-François et par l'ouverture d’une place, «qui procura une entrée commode à l’église des Cordeliers ?, »

De l’autre côté de la rue Clare, qui fut, elle aussi, élargie, le domaine des Capucins pouvait être comparé à celui des Cordeliers; mais si les Capucins avaient eux aussi de nombreux créanciers, ils comptaient, par contre, de puissants protecteurs qui les défendirents. Tourny avait pourtant besoin de quelques parcelles de leur terre, afin d'ouvrir une voie de la place des Capucins vers la rivière, en traversant la rue Sainte-Croix. Bon gré,

mal gré, il traça la rue Française, et offrit, en échange, des empla-

cements aux Capucinst. Pour qu'ils fussent, traités le mieux possible, d’Argenson écrivit de Bruxelles à l’intendant5. Ils auraient voulu pouvoir conserver l’enclos"où se trouvait leur fabrique d’étoffes. Sans le leur laisser, Tourny négocia un arrangement

1. Ainsi furent obtenus les arrêts du Conseil du 9 octobre 1751, A. N., E 2310, et du 16 décembre 1752, A. N., E 2320.

2. Le plan d’aliénation établi à la réquisition des créanciers est signé de Portier et daté du 6 mai 1754; il est à chercher dans la liasse C 1237, aux Archives de la Gironde. Dans les Annales de Bordeaux, livre III, p. 163, Bernadau fait mention de la délibération de Jurade du 21 août 1754, pour l’ouverture de la rue Sainte-Thérèse, prolongation de la rue Leyteire, vers le sud. Dans une note, au bas de la page 109 de son étude sur Victor Louis, M. Ch. Marionneau parle, d’après la liasse C 1180 aux Archives de la Gironde, du prolongement de la rue Saint-François « déjà projeté par Tourny ». Enfin l’on trouve quelques précisions complémentaires dans Bernadau, Histoire de Bordeaux. p: 144.

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