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bert de Bitry, l'ingénieur en chef de Saint-Florentin 1. Pérès comblait les puissances de cadeaux, et ainsi le Corps de ville se dota de protecteurs éminents et lointains, b‘n préférables pour eux à Pintendant dont la tutelle devenait déprimante ?.
Au mois de mai 1750, la question se pose de remplacer le député de la ville au Conseil du Commerce, Tourny a son candidat, Beau- Jon, le grand négociant en grains. La candidature ne plaît pas aux Jurats qui répondent mal à la suggestion de l’intendant: Roche sera leur homme; ils forment une cabale contre Beaujon. Tourny revient à la charge, mais sans succès *. Les trois élus sont Castaing avec 70 voix, Roche avec 76 et Brunaud avec 80. Beaujon en réunit. 42 à peine‘; l’intendant obtient seulement que le choix du ro: se porte plutôt sur Castaing que sur Roche.
Un incident fâcheux se produit peu après, à l’occasion des funérailles du comte de Jonzac. Tourny fait rendre les honneurs par un piquet de 100 hommes, pris sur la garnison du Château-Trompette. La Jurade se plaint d’être provoquée; les privilèges de le ville n’admettent pas qu’une force armée autre que le guet pénè tre dans ses murs. Saint-Florentin est saisi de l'affaire; l’intendant s’efforce en vain de détourner les jurats d'écrire au ministre; Saint- Florentin lui fait savoir qu’ils ont eu raison de l’informer et que, s'ils ne lui avaient pas écrit, «il leur en aurait fait des réprimandes.» Tourny prétexte en vain qu'il a agi d'accord avec le Corps de ville, que l’heure des obsèques a dû être avancée, « par suite de la décomposition du corps du défunt ». Le ministre s’obstine; il trouve ou il feint de trouver « que c’est risquer une émeute dans Bordeaux que de laisser rentrer une troupe armée dans cette ville »; il prêche à l'intendant « l'esprit de douceur, de liaison et d’affabilité », et il veut lui faire croire qu'il lui parle ainsi pour son bien, et par bonne amitié 5.
1. Tourny malmenait l'ingénieur, notamment dans une lettre du 13 avril 1747; AeD.-2Gir: 11166:
2. Il est question dans la dépêche ministérielle du 24 juin 1755 à Pérès, de 40 ortolans expédiés par ce dernier et qui arrivèrent d’ailleurs à Versailles par trop faisandés, à cause de l’excessive chaleur. A. N., Ot 511.
3. Tourny insistait, notamment dans sa lettre à Saint-Florentin, datée du 15 août É/S0 VA D: °Gir.,-6:916:
4. A. C., Bordeaux, BB, registre de Jurade pour 1750, délibération du 9 mai 1750.
5. Pour la suite de l’affaire, consulter les documents des liasses C 910 et € 3378 aux Archives de la Gironde. Voir notamment dans la liasse C 3378 la lettre de Tourny à d’Argenson du 6 juin 1750, et celle de Saint-Florentin à Tourny, du 7 août 1750,
Tourny ne conservail plus à la Jurade d’autre ami sûr que Maignol, le procureur syndic, Maignol, au dire de l’intendant, avait cun génie fort, un esprit pénétrant, un caractère laborieux, des connaissances étendues, acquises par une longue application ?. »
En 1750, Maignol donne sa démission pour raison de santé; son - successeur désigné est le sieur Thibault, procureur général de la Table de Marbre. Tourny fit l’impossible pour conserver Maignol; Saint-Florentin refusa d’abord sur les instances du marquis la démission du procureur syndic; mais, en même temps, il reprochait à l’intendant d’être intervenu dans cette affaire, au nom du roi. Quelques mois plus tard, le ministre laissait partir Maignol?.
Les élections de 1790 ne devaient pas changer la majorité à la Jurade et celles de 1751 y amenèrent, au lieu des candidats de Tourny, Grateloup, marchand boutiquier de chapeaux et de bas, un ami de Pérès et de Roche *.