A. D., Gir., C 918, 24 octobre 1747, arrêt du Conseil
2. Cet arrêt applique notamment aux travaux à effectuer dans les PRE de la ville, Il a déjà été cité à propos des embellissements.
3. A. D., Gir., G 911,22 juillet 1752, lettre de Tourny au garde des sceaux.
4. La lottre de Lafore à Tournv, en dale du 27 août 1748, en dit long à ce sujet, AD CUT ÉACGA ONU!
à tous l’impartialité; il blâme les cabales qui se font contre Pérès, Cpour écarter... un sujet agréable à la ville. » L'archevêque s'adresse personnellement à Tourny, il se plaint des intrigues tramées non seulement par Lafore, mais encore « par d’autres personnes que l'intérêt fait agirl. » Le 1er août, jour de l'élection, Billatte qui devait voter pour Pérès l’abandonne et lui fait perdre, avec son suffrage, celui de six autres électeurs. L’archevêque, outré de cette trahison désastreuse, ne craint pas de mettre Tourny en cause. I lui écrit, le 1er août, à une heure de l'après-midi : «J'ai senti par la conversation que nous avons eue hier au soir, que toutes ces démarches de la Jurade ne se font pas à votre insu nicontre votre gré. Si vous me l’aviez fait pressentir, il y a quatre mois, lorsque Je vous proposai de faire désister Pérès, vous avertissant des brigues de Lafore, il n’en aurait jamais été question, mais je ne m'y suis porté que parce que vous m'’assurâtes que, m'étant intéressé depuis deux ans pour Pérès, les inimitiés particulières de Lafore ne devaient pas valoir sur ma recommandation. Vous m'avez done, Monsieur, embarqué dans cette affaire qui va faire triompher un faquin. Je vous connais trop de mes amis pour croire qu’étant averti encore à temps pour pouvoir y remédier par une lettre que vous écririez au conclave.., vous ne le fassiez pas2. » Nous avons le billet de Tourny patronnant, im extremis, l'élection de Pérès. La recommandation arriva trop tard, ou la cabale fut trop forte, et Pérès ne fut pas élu. Deux jours plus tard, l’intendant rendant compte des élections à Saint-Florentin, lui parlait en termes assez vagues de l'agitation qu'il avait notée chez les négociants. La réponse du ministre ne se fit pas attendre. Il cassa l'élection et adressa une lettre assez sévère à l'archevêque, à l’intendant, aux Jurats et au sous-maire de Ségur. Tourny fit sur ces entrefaites le voyage de Paris; sans doute y plaida-t-il la cause des candidats élus. Le second scrutin eut lieu le 4 septembre. L'’intendant proposa de Citran, Roborel et Ferran; le roi choisit des Aigues, Roborel et Barbeguière *.
1. À. D., Gir., C 910, 31 juillet 1748, lettre de l’archevêque à Tourny.
2. A. D., Gir., G 910, 1e7 août 1748, lettre de l'archevêque à Tourny.
3. Le dossier des élections de 1748 est à chercher dans la liasse C 910, aux Archives de la Gironde. La leltre de Saint-Florentin à Tourny, en date du 15 août 1748, et celle de Lafore à Tourny, du 27 août 1748, sont parmi les pièces Jes plus impor:
Après les élections, d’autres conflits éclatèrent entre les jurats
et Dubosq, le clerc de ville; entre le beau-frère de Dubosq et Lafore qui l'avait accusé d’avoir « introduit de faux dés dans une partie de jeu »; entre les trésoriers de l’hôpital, les jurats et le Parlement à la suite d’un arrêt rendu par celui-ci contre les trésoriers ?. A ce même moment, la liquidation des comptes de la Compagnis d'approvisionnement était sur le point de se débattre, et, pour comble de malheur, Pérès entrait à la Jurade aux élections de 1749. Le 17 juillet 1749, Saint-Florentin invitait l’intendant à tenir la main à ce que le résultat se trouvât favorable aux candidats de l’archevêque?. Tourny ne put qu'obéir, et Pérès devint jurat avec de Citran, comme jurat noble, et avec Despiau, comme jurat avocat. Il devait rester à la Jurade de 1749 à 1791, pendant les deux années qui sont décisives dans l’histoire des rapports de l’intendant et des jurats.
Pérès est le beau-frère de Roche, qui protège les Juifs et qui mène le quartier commerçant de La Rousselle. Les Rousselins sont les rivaux naturels des grands négociants des Chartrons, des amis de Tourny, comme Lafore, Barreyre, Vignes et Beaujon. Les Rousselins composent le corps puissant des marchands en boutique, avec Roche, avec Pérès, et aussi avec Meyère, Roma, Menoire, Barbeguière et presque tous les Dubergier À.
Le plus grave était que Pérès et ses partisans avaient avec Saint- Florentin des accointances particulières. Le premier secrétaire du ministre passa dans leur camp, tandis que Tourny malmenait Gil-
tantes. Voir aussi les dépêches ministérielles du 15 août 1748, à l'archevêque, à l’intendant, aux jurats et au sous-maire, et celles du 8 octobre suivant à l’intendant, au premier président, à Montesquieu qui avait recommandé le sieur Roborel, et à M. de Noaiïlles, qui avait aussi son candidat. A, N., O1 508$. Consulter enfin aux Archives communales de Bordeaux, registres de correspondance, la lettre des jurats à Tourny, du 24 août 1748.
1. Pour l'affaire des jurats et de Dubosq, voir une lettre de Saint-Florentin à Tourny du 30 août 1748, A. D., Gir,, G 725; pour l'affaire de Lafore et du beau-frère de Dubosq, voir une dépêche ministérielle à Tourny, du 31 janvier 1749, A. N., O! 508; pour l'affaire des trésoriers et du Parlement, voir une autre dépêche à Tourny du 26 mai 1748, A. N., OL 508:
2. A. D., Gir., C 910, 17 juillet 1749, lettre de Saint-Florentin à Tournÿ; A. N., O1 508, même jour, dépêche ministérielle.
3. La liasse C 910 déjà citée contient le dossier des élections de 1749.
4. Voir, à ce sujet, notre étude sur La Chambre de commerce de Guienne, “5 35.