‹ TournyChapitre 365 sur 494 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

- 6, 1bidem,

tard, Pérès recommençait de plus belle; les jurats délivraient des billets pour porter du sable chez Pérès, et le commis du délestage avait ordre de n’en rien marquer sur l’état de chaque semaine. Cette fois encore l’intendant n’était pas renseigné; ce fut le procureur du roi du Bureau des finances qui, sur la fin de décembre, vint le mettre au courant, et lui démontrer la fausseté des états de délestage. Il annonça en outre à Tourny que les trésoriers allaient poursuivre l’affaire, comme ayant là juridiction du délestage. C'était peut-être plutôt au commissaire départi de procéder contre les délinquants, mais il aïma mieux que le Bureau prît sur lui de provoquer la punition des jurats. Il écrivit d’ailleurs en son nom personnel à Saint-Florentin et à Rouillé, le ministre de la Marine, pour que le Conseil prononçât quelque condamnation, «sinon très forte, du moins assez marquée pour attirer l'attention.» [Il demandait un bon arrêt, qui ordonnerait la restitution du lest dérobé, qui frapperait Pérès d’une amende de 3000 I. et qui interdirait aux jurats de recommencer.

L'affaire tourna de telle sorte que le blâme ministériel fut dirigé, non pas contre les jurats, comme on aurait pu s’y attendre, mais contre les trésoriers de France qui s'étaient lancés, tête baissée, dans l’aventure. Saint-Florentin leur écrivit : « Vous avez vu par la décision du Conseil sur lemploi du lest qui doit vous être connu, que les entreprises d’une juridiction sur une autre sont des voies qui sont toujours réprouvées, tant parce qu'elles interrompent l’ordre que parce qu'il est rare qu'on s’y engage par les mouvements d’un pur zèle. Vous n'ignoriez pas, avant votre transport et votre information au sujet du lest, que vous n'avez aucune juridiction sur les maire et jurats de Bordeaux !»

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