‹ TournyChapitre 367 sur 494 · CR TETE MES · texte numérisé non relu

CR TETE MES

plaintes des fermiers de l'octroi de Bordeaux. L’'intendant était chargé de l'enquête.

On devine dans quel esprit il put la conduire, sans se départir d’ailleurs d’une stricte équité. Les fermiers en question trouvaient auprès des jurats peu de protection et aussi peu de justice. «Ils prétendent aussi, écrivait l’intendant au Corps de ville, que vous usez souvent contre leurs employés de facons dures, humiliantes et menaçantes qui les dégoûtent, au point que plusieurs d’entre eux ont demandé leur retraite.» Tourny ne cachait pas aux jurats quelle sanction les frapperait, si leur tort était reconnu et s'ils y persistaient : ils seraient privés de la connaissance des contestations relatives à la question des fermes. En attendant, il invitait le Corps de ville à remettre à son subdélégué de Sorlüs toutes les pièces de leur défense.

Quelques jours plus tard, faisant part à de Courteille de ses impressions personnelles, il lui dénonçait, dans les rapports entretenus par les jurats avec les fermiers, un nouvel abus à faire cesser. «Je puis vous dire d'avance, lui écrivait-il, que dans différentes occasions, il m'a passé sous les veux beaucoup de choses qui m'ont fait voir clairement que les jurats ne se souciaient guère de protéger la ferme, et qu’ils en sacrifiaient souvent les intérêts à des vues ou passions étrangères. J'ai même été obligé, plusieurs fois, de leur en parler fortement pour empêcher le progrès de Rabus ?. »

L'affaire suivit son cours, sans que Saint-Florentin se montrât, et au grand dépit des jurats, très humiliés d’être renvoyés au même tribunal que les fermiers, dont ils se prétendaient les juges. Ils se plaignirent des imputations vagues répandues contre eux, d'autant plus regrettables qu’elles portaient atteinte à leur caractère de magistrats #. L'administration des Fermes de Paris remercia vivement Tourny de son intervention, et s’empressa de lui signaler les bons effets qu’elle ne tarda pas à produire #.

De Sorlus présenta, le 4 août 1751, le rapport que Tourny lui avait demandé”, et la querelle s’amplifia entre la Ferme et l'Hôtel de Ville. ;

AED:, Gir., C 2394, 29 juin 1751, lettre de Tourny aux jurals. A. D., Gir., C 2394, 3 juillet 1751, lettre de Tourny à M. de Courteille. A. D., Gir., C 2394, 10 juillet 1751, lettre des jurats à Tourny.

A. D., Gir., C 2394, 19 juillet 1751, lettre de l'administration des Fermes à Tourny. A. D., Gir., C 2394, 4 août 1751, rapport du subdélégué de Sorlus.

w' EG N =

Page 1