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Bordeaux, écrit-il, viennent de faire des actes plus hardis qu'à Paris contre le Grand Conseil, 11 y a à Bordeaux une affaire encore plus sérieuse »; et il en vient à juger ainsi la portée des actes du Parlement de Bordeaux : « Il a rendu des arrêts qui cassent ceux du Conseil d'État, comme cela se faisait au temps de la Fronde. Encore, si c'était seulement par la voie d'empêcher l'exécution. Le président de Pontac est ici le député de ce Parlement; il parle avec hauteur à nos intendants des finances. L'on parle d'envoyer à Bordeaux quelque commandant militaire et Lyrannique, comme fut M. de Fougères, il y a 3 ans au Parlement de Rouen. Le maréchal de Richelieu, gouverneur de Guyenne, refuse cette commission 1.»
Ces renseignements sont peut-être sujets à caution. Il est bien certain que Richelieu n’intervint pas, que Tourny, très heureux sans doute de n'être pas pris à partie directement, se contenta d'écrire au chancelier pour justifier le titre de procureur général prétendu par Comarrieu?, et qu'il laissa au Conseil le soin de riposter encore. ;
Sur des observations qui furent rédigées en réponse aux remontrances et à l’arrêt du Parlement #, le Conseil rendit, le 25 novembre 1755, un arrêt qui cassait celui du Parlement, comme attentatoire à l’autorité royale, qui enjoignait à la Commission présidée par Tourny de procéder sans retardement à la confection du Terrier, et qui interdisait aux juges du Parlement et tous autres de la troubler dans l’exercice de ses fonctions. Tous les vassaux et censitaires devaient déférer à ces ordres. La Cour souveraine se voyait interdire de rendre à l’avenir des arrêts semblables 4.
Pour faire droit aux décisions du Conseil, èt comme si celles du Parlement étaient nulles et non avenues, les commissaires généraux du Conseil, députés par le roi pour la confection en dernier ressort du Terrier de ses domaines dans la généralité, rendaient, le 10 décembre 1755, une ordonnance portant que dans le mois,