‹ TournyChapitre 407 sur 494 · Il parut le 9 juillet 1756, dans la Gazette de Hollande · texte numérisé non relu

Il parut le 9 juillet 1756, dans la Gazette de Hollande

CNSBRATE

la première fois, que tous les Parlements ne faisaient qu’un.

Les remontrances de la Cour de Paris produisirent partout une impression considérable, en particulier à Bordeaux, où le Parlement s'était mis en grève. Toutes les Chambres de la Cour de Guienne se rassemblèrent pour entendre la lecture de l'arrêt rendu par le Parlement de Paris, le ? juillet. «On fit tout haut lecture de cet arrêt, lit-on dans les registres secrets du Parlement; on en fut enchanté; et l’on sentit naître une espérance flatteuse sur le succès de l'affaire, en voyant que le Premier Parlement du royaume y prenait part... Dans le cours de la journée, il (l'arrêt) fut rendu public par la voie de l’impression... La joie fut générale dans la ville à cette nouvelle, et la consternation de l’intendant extrême... L’on sentit que les Parlements venant à resserrer les nœuds qui les lient les uns aux autres serviraient d’un puissant rempart au Despotisme que le ministère voulait introduire en France?. »

En présence de cette levée en masse des magistrats, le Pouvoir central commença de songer à négocier. Le chancelier fit pressentir la Cour de Bordeaux pour qu’elle consentiît à reprendre ses fonctions; il lui laissait entendre, à demi-mot, que le roi se prêterait à des accommodements dans l’affaire du Terrier *.

Le Parlement de Bordeaux, se sentant plus fort que jamais, ne voulut pas céder sur ces simples ouvertures. De nouveau, le Pouvoir tenta de l’intimider en cassant un arrêt rendu par la Cour, sur un acte passé entre un curé et un syndic de communauté, sans l’au-

1. « Voilà, ce me semble, écril d’Argenson le 4 juillet 1756, la première fois que le Parlement déclare à Sa Majesté et au publie son système foncier, que tous les parlements n’en font qu’un seul, mais distribués en différentes quadrilles ou classes. Voici donc le commencement de la jonction visible et publique de tous les parlements pour faire cause commune et dernander l'observation des lois fondamentales. » La solidarité des Cours souveraines avait été proclamée d’une façon assez analogue, à l'époque de la Fronde. Les remontrances du Parlement de Paris parurent dans la Gazette de Hollande du 13 juillet 1756.

2: B. M., Bordeaux, fonds Lamontaigne, carton VI, n° 4, 7 juillet 1756, extrait des registres secrets du Parlement.

3. À la date du 18 septembre 1756, d’Argenson écrit : « L'on voit imprimée la lettre dé M. le Chancelier au Parlement de Bordeaux, pour reprendre ses fonctions. Il lui faisait entendre que, les reprenant, il rendrait le roi plus favorable à ce qu’il demande, pour rompre la commission des trésoriers de France, au sujet du domaine; mais ce sénat a tenu ferme; ainsi, continuant à rester les chambres assemblées, ils se montrent vainqueurs des ministres, ils obtiennent ce qu’ils veulent et font la loi à la Cour, » Sur la même affaire, voir la Gazette de Hollande du 28 septembre 1756.

torisation de l’intendant!. Mais le Parlement de Paris rédigea de son côté, le 22 août, de nouvelles remontrances favorables à la Cour de Bordeaux ?.

Au mois de septembre 1756, le Pouvoir central capitulait. Le greffier en chef du Parlement de Bordeaux était rétabli dans ses fonctions *. Des lettres de rappel étaient adressées au président de Gascq, aux conseillers de Grissac et Carrières 4, les exilés de tout à l'heure. La Commission du Terrier enfin était elle-même sacrifiée à la Cour souveraine ÿ.

Toute cette affaire où Tourny n’était intervenu n1 directement, ni ouvertement, où peut-être malgré lui on l’avait mis en cause, ruinait à tout jamais sa politique, et annonçait la fin prochaine de son Intendance.

Page 1