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. À, D., Gir., G 3384, 18 mai 1755, lettre du subdélégué de Condom à Dupin,
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Il. — Agen.
À Agen, les conflits, plus graves, sont comparables à ceux de Bordeaux.
Comme à Bordeaux, la concurrence des vins forains et des vins du pays entretient entre les habitants des divisions constantes. Unis contre le duc d’Aiguillon, quand il demande d'être reçu dans ses domaines avec les honneurs dus à son rang’, les Agenais ne s'entendent plus, du moment qu'il est question pour eux de se partager les honneurs ou les charges. Les élections sont très disputées ?, et quand il s’agit de loger les gens de guerre, c’est à qui s’en fera dispenser. Suivant le parti qui triomphe à l’hôtel de ville, celui des vins bourgeois ou celui des vins forains, suivant que l’on s’est prononcé soi-même pour ou contre les vins forains, on est l’objet des faveurs ou bien l’on est victime des injustices, sans compter que la ville fait peser sur la campagne toutes les charges dont elle peut s’exonérer.
Tourny intervint aussi peu que possible, dans la très spécieuse question des vins. Il laissa le Parlement casser une délibération du 9 juin 1754, prise à ce sujet par une assemblée particulière et illicite de vingt-six habitants ?.
Il ne se montra pas davantage, quand la Cour souveraine provoqua, sur la question des vins,’ une assemblée générale des ordres 4. Après avoir fait l’impossible pour que les consuls d'Agen rendissent leurs comptes 5, il ne leur marchanda pas ses conseils pour le règlement des questions de ferme et d'octroi, du pied fourché et du souchetf. Il se garda de provoquer à la légère la cassation
1. Le registre de Jurade, B B 76, est à consulter aux Archives communales d'Agen
2. Voir, Sur les élections, liasse C 926, A. D. Gir., et entre autres documents, Ja lettre de Saint-Florentin à Tourny du 30 août 1754, la lettre de Tourny aux maire et consuls d'Agen du 12 septembre 1754, la lettre de Tourny à Saint-Florentin du 7 octobre 1754, la lettre de Saint-Florentin à Tourny du 15 octobre 1754, et celle de Tourny à Saint-Florentin du 6 janvier 1755.
3. A..C., Agen, BB 77, délibération des maire et consuls du 5 juin 1754,
4. Cette assemblée générale décidée par délibération du 6 juillet 1756, A. C., Agen, BB 77, eut lieu le 13 juillet suivant, sous la présidence de l’évêque de Chabannes, comte d'Agen, A. C., Agen, BB 78. , É
b. L’intendant rendit, à ce sujet, l'ordonnance du 24 avril 1754, A. D., Gir., C 509.
6. Sur ces affaires, voir les registres B B 77 et 78, A. C., Agen, et Ja liasse CC 445. aux mêmes Archives,
des élections municipales, même quand la cabale ÿ triomphail}, et il fut entraîné malgré lui, par son subdélégué de Couloussac, à prendre parti dans la question des logements de guerre.
Le 4 janvier 1756, la veuve de Jean Delpech se plaignit d’avoir à loger trop de soldats chez elle. Sur sa requête, le subdélégué prit une ordonnance enjoignant aux maire et consuls de dresser une liste des particuliers astreints au logement, pour que le droit de chacun pût être établi. L’ordonnance stipulait en outre que l'injustice faite à la veuve devait être réparée et que, dans le cas de contravention à ces dispositions, les maire el consuls seraient passibles de garnison et de prison.
Les officiers municipaux n'ayant pas tenu compte de lavertissement, le subdélégué mit garnison chez un consul. Tout le Corps de ville s’insurgea. Les officiers municipaux portèrent à l’intendant leurs doléances contre le subdélégué de Couloussae : € Il est affligeant pour la ville, écrivirent-ils, que le dit sieur de Couloussac ait donné cette scène au public.» Sans s'arrêter à ces protestations, Tourny confirma les ordonnances de son subdélégué par une ordonnance nouvelle ?. Il parlait d’attentat commis contre son autorité. Les maire et consuls protestèrent alors de plus belle, pour préciser leurs intentions, et pour dénoncer de la façon la plus formelle les abus de pouvoir commis par Couloussac : le subdélégué n'avait pas le droit de rendre, de, son chef, des ordonnances #. De nouveau l'intendant réitéra ses ordres; il fixa un délai pour l'établissement des listes demandées par Couloussac, et il menaca de les faire établir d'office, aux frais de la Communauté, si elle n'y pourvoyait point. Les listes devraient lui être communiquées, à lui intendant, avant d’être utilisées 4 Quant aux pouvoirs de son subdélégué, il les confirmait encore, en les couvrant de l’omnipotence royale. « MM. les Intendants, écrivait-1l aux con-
1. Le ministre donnait d’ailleurs à Tourny des conseils de prudence, notamment dans ja dépêche du 15 octobre 1754, A. N., O1 510. Le dossier des élections de 1754, pour la ville d’Agen, est à chercher dans la liasse C 926, aux Archives de Ja Gironde.
2. I1 est question de cette ordonnance dans la délibération des consuls d’Agen du 4 janvier 1756, A: C., Agen, BB 77. s
3. Ils écrivirent à Tourny, à ce sujet, le 15 janvier 1796, après avoir transcrit leur lettre dans le registre de délibérations, AUCEENeen, BB:77.
4. Les instructions de Tourny aux consuls d'Agen sont reproduites dans leur délibération du 20 janvier 1756, A. C., Agen, B'B777.
suls d'Agen, dépositaires de l'autorité du roi dans les provinces, sont en droit et même en nécessité d’en confier, par canton, l’exercice à des personnes de probité et de capacité qu'ils trouvent à propos de choisir et qui sont connus du public, sous le titre de subdélégués. Tout ce que ces personnes jugent à propos d’ordonner en cette qualité et en matière de la compétence de MM. les Intendants doit avoir la même force et autorité que s'ils l’ordonnaient eux-mêmes, sauf aux personnes qui croient avoir droit de s’en plaindre, à se pourvoir devant eux par la voie de l'appel ou de l’opposition. Il me semble que cela est assez clair pour n'être plus sujet à aucun doute de votre part. Si cependant il vous restait encore quelques mauvaises difficultés et que je l'apprisse par vous ou autrement, je vous ferai venir deux à deux, les uns après les autres, passer ici quelque temps, pendant lequel j'aurais soin de les lever !. »
A un autre moment,-les maire et consuls n’auraient pas insisté davantage. Mais comme la Jurade bordelaise avait trouvé bon accueil auprès du ministre, ils pensèrent que Saint-Florentin se mettrait de leur côté. Ils lui adressèrent un placet, qu'ils confièrent au comte d'Hérouville, commandant de la province ?.
Saint-Florentin se prononça, suivant son habitude, pour les officiers municipaux contre le commissaire départi. Il bläma ses ordonnances, et il condamna celles du subdélégué. « Il eût été utile au bien du service, mandait-il à Tourny, qu'elles fussent cassées. Mais Sa Majesté a voulu prévenir le préjudice que l’ordre public pourrait souffrir de l’exemple d’une autorité si manifestement usurpée. Elle a voulu vous éviter ce désagrément et vous laissera prendre les mesures nécessaires pour en prévenir les inconvénients #.» Le ministre écrivant encore aux consuls d'Agen, leur donnait les plus formelles assurances que leur autorité serait mieux respectée. Il disait des ordonnances rendues par le subdélégué : « Sa Majesté
. Leltre de Tourny aux maire el consuls d'Agen, Lranstrile dans leur Fer de Aer à la date du 29 janvier 1756. A. G., Agen, BB 77. 2, Il en est fait mention dans la délibération des consuls du 25 janvier 1756. A. 6, Agen, BB 77.
3. A. N., O! 511, 6 mai 1756, dépêche ministérielle à Tourny.
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